‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 309 sur 318 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Page 72. La liberté est la plus forte des garanties sociales.

«Dans un état établi en république, dit Pascal, ce serait un très grand tuai de contribuer à y mettre un roi, et à opprimer la liberté des peuples à qui Dieu l’a donnée.* C’est cependant ce qui a été fait pour Gènes et pour Venise.

Page 72. La fameuse déclaration de rassemblée constituante a rappelé aux hommes qu’ils naissent libres et égaux eu droits.

On lit dans Diodore de Sicile (liv. H, §. a5) «que les plus anciens philosophes des Indiens leur ont laissé cette maxime, que tous les hommes sont égaux, et que nul ne doit être traité en esclave. •» Diodore ajoute : «Rien ne dispose mieux les hommes à toutes sortes d’évènements que de se regarder comme n’étant ni supérieurs ni inférieurs à d'autres hommes. »

Page 75. I>a justice se sert encore des mêmes bancs pour tous les accusés, du même échafaud pour tous les condamnés.

Prie des plus bizarres folies «les hommes du privilège est d’avoir

«'t.ililî des distinctions jusque dans les supplier*, non à raison de la différence des crimes, mais selon la qualité des criminel*. L’historien des campagne* du dernier prince de Condé, apres avoir rapporté, avec toute l’importance qu’il attache aux plus petits événements, les détails d’un procès où un gentilhomme fut condamné, pour vol y à être pendu, dit gravement que ce gentilhomme obtint de la bonté du prince la commutation de sa peine, et qu’an lieu d'être étranglé, il eut la satisfaction d’avoir la tête tranchée.

« Joseph-Antoine , comte de Home , issu d'une des plus nobles familles du Hrabant, allié des Montmoretiei, et même du régent du côté de Madame, complètement déshonoré à vingt-deux ans par ses mœurs et les liaisons les plus infâmes, avait comploté, avec deux de ses compagnons de débauche et d’escroqueries, le chevalier de Mille et le chevalier </* Etampes , d’assassiner un riche agioteur pour s'emparer de son portefeuille. Ils l'attirèrent dans un cabaret, elle poignardèrent. Les cris de la victime furent entendus; le chevalier d'Etampes parvint à se sauver; Mille et le comte île Home furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés. Toute la noblesse réclama pour le» condamnés le privilège d'être affranchis d'un supplice infamant. Le régent fut inflexible : le comte de Hornc fut roué vif en place de Grève, le 26 mars 1720. Les courtisans prétendirent que l'honneur de plusieurs grandes familles avait été sacrifié A t. A CRAINTE DE MÉCOXTENTER !)E3 AGIOTEURS ! »

(Lacretellf., Histoire de France , tome Tr, p. 3a5 et 3a6).

Page 76. Je me demande si le gouvernement qui ne surnage que sur des flots de sang humain, et n’offre h la sou mission, au désespoir, qu’une seule tête à abattre, n’est pas le plus immoral de tous.

Ajoutons que c’est aussi celui où la vie des princes est environnée de plus de périls. II serait trop long de citer tous les exemples que fouruit l’histoire. L’empire fondé par les Césars fut le plus vaste, et celui dont la durée fut la pins longue. Voici la liste de* chefs de cet empire qui périrent d’une manière tragique:

NOMS

PUINES.

Majorien

assassiné

Glicérius

Népos

Augustule

détrôné

détrôné

tombe du trône, et l’empire d’Occident est détruit par Odoacre. .

enterré vivant

frappé du tonnerre d’après une

A11.1sta.se

Héracléonas

mutilé

l'hilippicus

Constantin (I*orphi-

rogénète)

Irène

déposée ( c’est elle que Charlemagne voulait épouser)

Saturatius, son fils. .

déposé pour les crimes de son

U'on rv

Michel 111

Honinin Diogène. • . .

Alexis Comnène II . .

assassiné

Isaac Lace . . n

on lui crève 1rs yeux

DATES

de J. C.

3ga

6lO

*97° 97^ io34 io4« 107a 107 a io8.{ 1 18-

NOTES

NOMS

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