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senté devaut l'impératrice-reine la conduite de l'aimable dauphine sous des couleurs défavorables. Si le* courtisans habiles s'éloignaient d’un homme qui portait à la cour un tel titre de réprobation, les seigneurs le* plus respectés s'éloignaient encore plus d'un prélat qui, âgé de cinquante ans, était encore sans frein dans ses penchants, sans délicatesse dans ses liaisons ; mais l'espèce d’isolement où il était laissé, il ne l'imputait qu’à la défaveur. En vain, depuis quelque temps, avait-il voulu persuader que cette disgrâce avait cessé, et que la reine le regardait d’un a* il plus favorable; on ne comprenait rien à des discours qu'aucune observation des habitués de Versailles ne venait confirmer. On le connaissait vain, susceptible de recevoir et de se faire beaucoup d'illusions; mais personne ne pouvait savoir quelle inconcevable crédulité fascinait les yeux, altérait l'entendement de ce prélat poli , né à la cour.
Le roi fait demander le cardinal de nohan dans son cabinet intérieur. L’entretien se prolonge; la messe est retardée. Tout a pris un air sombre; on commence à soupçonner un mystère important. Déjà il court quelque rumeur d’une grande indiscrétion commise , d’un nom auguste compromis, bientôt après nu parle d'un magnifique collier dérobé socs DisriMES PRÉTEXTES , d'une escroquerie; et c'est le canlinal de Rohan qui en est accusé. On sait que la reine est présente à l’interrogatoire qu’il subit devant le roi. Alors se réveille dans tous les esprits l’idée du profond ressentiment qu’elle nourrit contre lui depuis plusieurs années. Cette princesse, vive, aimable, légère, sera-t-elle vindicative? osera-t-on sévir contre un cardinal, imtXT la cour de Rome et le clergé de France , désoler une illustre et puissante famille? On apprend qu’il est arrêté, qu’on le conduit à la bastille, qu’on le livre au parlement. L'agitation redouble. Une révolution si subite à la cour parait être une révolution dans l’état. Les courtisans se divisent : « Voilà donc , disent les uns, le roi qui « trahit le penchaut à la sévérité que M. de Maurcpas s’était étudié «à contenir en lui. Le roi, disent les autres, montre un respect « bien religieux pour les lois, puisqu’il leur confie le soin de punir • une offense que chacun de ses prédécesseurs eût punie par lui-même . « N'est-il pas temps d’étouffer, par un exemple éclatant, ces difta- ■ mations par lesquelles on persécute une reine, modèle île grâce «et de bouté? » Ali milieu de ce tumulte d’opinions opposées, les auiis du baron de brctcuii, ministre de la maison du roi, répandent que le cardinal est convaincu par ses propres aveux d’une in-
triguc coupable et déshonorante pour son caractère. Les amis de la reiue annoncent que l'indignation de cette princesse est au comble et n'est que trop légitime; les amis du roi montrent une profonde tristesse. Transportons-nous dans les appartements du roi au moment où le cardinal y avait comparu, il ne put cacher sa terreur quand il vit les regards sévères du roi cl les regards courroucés de la reine. Après quelques moments d’un trouble réciproque : « Expli-
* quez-vous avec franchise, lui dit le roi : qu’est-co qu’un collier de
■ diamants acheté chez les joailliers Ilochemer et Bossange, et que « vous dites avoir procuré à la reine? » Le cardinal pâlit. - Ah! sire, « je vois trop tard qu'on m’a trompé. — Eh ! pouviez-vous , dit la «reine, vous méprendre à une signature que sûrement vous con- « naissiez? » Sans répondre à la reine, le cardinal proteste de son innocence. Déjà le roi craint d’ètre un juge trop rigoureux; il se ferait scrupule d’abuser de quelques mots qui échapperaient à la terreur du prélat humilié. « M. le cardinal, lui dit-il, il est très « simple que vous soyez un peu troublé de cette explication : remet-
■ tez-vous; et pour que la présence de la reine ni la mienne ne nui-
■ sent pas au calme qui vous est nécessaire, passez dans la pièce à
• côté : vous y serez seul ; écrivez-y votre déposition , que vous me
■ remettrez ensuite. »
Le cardinal obéit, resta à-peu-près un demi-quart d’heure, et remit un papier au roi, qui lui dit: « Je vous préviens que vous allez
■ être arrêté. — Ali! sire, j'obéirai toujours aux ordres de Votre » Majesté ; mais qu’elle daigne m’épargner la douleur d'être arrêté
■ dans mes habits pontificaux, aux yeux de toute la cour. — Il faut •> que cela soit ainsi, *• reprit le roi. Comme le cardinal voulut insister, il le quitta brusquement.
Avec quelque sévérité que fût truité le cardinal, on laissa à ses hommes de confiance le temps de brûler les papiers qui pouvaient le compromettre, et à lui-même la permission de les leur indiquer. Les actes de rigueur contre les grands étaient tellement rares, que les agents auxquels l'exécution en était confiée remplissaient sans dureté et même sans vigilance des ordres qu’ils s'attendaient à voir bientôt révoques.
Le procès s'instruisit : le besoin de sa justification força le cardinal à révéler la honte de scs liaisons, la sottise de ses espérances, la bassesse de ses intrigues.
Le roi, d’après les instances de la reine, se détermina à une me-
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sure par laquelle il eût dû commencer : on voulut étouffer cotte fatale affaire. I*c baron do Brctcuil, qui avait été chargé d'aller apprendre au cardinal qu’il était libre de sortir de la Bastille, revint quatre heures après le trouver au palais de Strasbourg, pour lui 'annoncer que le roi lui demandait sa démission de la charge de grand -aumônier de France, et qu’il l’exilait à son abbaye de la Chaise-Dieu. ( Cachet elle le jeune, Histoire Je France. )
Page En acquérant des richesses, le clergé perdit ses mœurs.
On trouve à la hn du premier volume des Mémoires de M. le comte Orloff, sur le royaume de Naples , la circulaire que le roi Alphonse écrivit aux archevêques et évêques de ce royaume, pour engager les prêtres, qui alors avaient des concubines reconnues, à payer l’impôt auquel avaient été taxés les autres citoycus. Ces femmes, dit M. le comte Orloff, hères d’appartenir à l’église, prétendaient n’étre justiciables que des tribunaux ecclésiastiques, et meme ne pas payer au fisc les contributions établies par un acte du parlement en i446; elles étaient en si grand nombre que, si on eût transigé sur cet article, la perte eût été considérable pour le trésor public. Voici la circulaire du roi :
« Alphonsus, etc. reverendis in Christo patribus, episcopis civi- ■ tatis Averse, Nolæ, Accerrarum, Ali fie et Aquini, consiliariis et « fidelibus nostris dilectis, gratiam et bonam voluntatem.
« Quoniam in Parlamcnto gcnerali dudum Neapoli celebrato cum « principibus , ducibus , eomitilms , barouibus, inagnatibus hujus « regni nostri Sicilie citra farum, decretum extitit et statutum solvi « debere nobis et nostre curie anno quolibet in tribus terminis, sci- » licel nativitatis et resurreetionis Dominisce ac in fine augusti cu-
• juslibet anui pro quolibet focuiari ducatus unus prout in capitulis « dicti Parlamcnti facti plcnius continetur. Nos certiorati quod mu- « liercs que sunt concubine quorumeumque sacenlotum seu clerica- •• lium personarum non solverunt nobis et nostre curie dictitin du-
• catum pro annis tribus proxime preteritis, in quibus fuit impositus « dictus ducatus pro quolibet focuiari. Et ob id intentionis nostre ** firmiter existât integri ah eisdem exigi faccre ducati très pro dictis « tribus annis proxime preteritis et deindr in antea anno quolibet
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« in futururn ducatum predictum. Eapropter vestrns pntemitates « hortamur quatenus omnos prcdietas eoneuhinas cl clericoruni « sistentes in vestris diocesihus, (pioniam sub fiitcla clcricali sala- « gunl sc tucri ad solvcndum dicta jura foculariam vid. Ducatum « unum pro qualibet carutn pro tinoquoquc dictorum triuin anno- ■ mm pro qualibet canimdctn dicte nnstre curie dcbituni cogatis » et compellatis per omncin cocrcitinnis moduin vohis visum ad « otunein requisitioncm commissarii super hoc per nostram curia ni « ordinal i; Vid. Nicolai Marini de summa de Ncapoli militis, vcl al-
• tenus cjus parte, ipsamque peruniam focularium predietoruin
* per dictas concubinas nostre curie débitant pro dictis annis diclo « nostro comtnissario vcl rjus substituto statu ri, solvi et assignari « faciatis.
« Datuin in Castro Novo die 3 mensis fehruarii ix. Indit.
« Rex Ali-uonscs. »
Page 05. Après s’ètre soustrait aux devoirs de l'hymen et de la paternité, l’égoïsme a prétendu que cet état d’isolement et d’inutilité était l’état pur, l’état parfait.
Chez les Juifs, ceux qui se destinaient au service du temple et au culte de la loi étaient dispensés du mariage. Mclchiscdcch fut un homme sans famille et sans généalogie ; Moïse congédia sa femme quand il reçut la loi de Dieu ; Êlie, Él i-.ee, Daniel, vécurent dans la continence.
La règle pour le célibat des évêques, des prêtres et des diacres est fort ancienne dans l’église catholique : cependant aucune loi divine ne défend d’ordonner prêtres les personnes mariées; aucune n'interdit aux prêtres de se marier. L’Évangile ne renferme aucun précepte contraire au mariage.
L’usage d'ordonner prêtres des personnes mariées a subsisté et subsiste encore dans l’église grecque, et n’a jamais été positivement improuvé par l’église latine. C’est le concubinage et non le mariage que le concile de Nicée a défendu aux clercs , et le mariage après l’ordination.
Dans son mémoire sur le mariage des prêtres, l’abbé de Saint- Pierre dit : « Si quarante mille curés avaient en Fiance quatre-vingt « mille enfants, ces enfants étant bien élevés, l’état y gagnerait La morale appliquée a i.a politique. 33
notes.
« quatre-vingt raille citoyen» honnête», et l’église quatre-vingt mille
* fidèles. Il y aurait, au lieu de quarante mille filles condamnées au » célibat, quarante mille femmes vertueuses et heureuses. Les em- » barras du mariage sont utiles à ceux qui les supportent , et les
• difficultés du célibat ne le sont à personne. Cent mille prêtres tna- ■ riés formeraient cent mille familles, ce qui donnerait plus de dix « mille sujets par an. »