‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 311 sur 318 · PEINES · texte numérisé non relu

PEINES

DATES

belles qualités, pouvoir ab-

plusieurs province refusent de>

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conspiration

dA m boise

quatre guerres civiles, la fanion des politiques. .

chassé de Paris , assassiné

i Catli. de Médictt.

j Charles IX

Catb. de Médicis.

! Henri ni

Calh. de Médicis.

de Du bourg

politique machiavélique, S.iiut-Barthehmy

lirue, les sriie, massacres, états de Blois

Médicis, qui avait fait à Henri IV une guerre cruelle, recommande en mourant à Henri III de se réconcilier avec ce prince. Elle reconnaissait donc que son effroyable machiavélisme était déshonorant et nuisible au roi et à l'état.

Page 78. La tyrannie n'est point un gouvernement; c’est l’arbitraire substitué aux lois.

Ainsi la tyrannie peut être exercée aussi bien parla multitude, comme en France pendant le regue de la terreur, par plusieurs , comme à Venise au temps de la république, que par un seul, comme a Home sous l'empire. H y a tyrannie lorsque l'esprit des lois est méconnu, et que par des interprétations forcées, de protectrices qu’elles étaient, elles deviennent les instruments d’oppressioo.

Il y a tyrannie lorsqu’il est mis un prix aux condamnations, et que les juges reçoivent des récompenses pour les sentences qu’ils ont portées, ou les poursuites qu’ils ont exercées injustement.

Il y a tyrannie lorsque l’assassinat, par des spadassins enrégimentés, devient un moyen de gouvernement.

Il y a tyrannie lorsqu’une partie des revenus de l’état est employée à solder des armées occultes de délateurs et d'espions, à forger des conspirations, à donner à des attentats supposés une apparence de réalité.

Il y a tyrannie lorsque de» hommes décriés par la corruption do

NOTES

leurs mœurs et la servile versatilité de leurs opinions ont le privilège d'outrager chaque jour les gens de bien, et que la défense est interdite à ceux que l’on calomnie.

Il y a tyrannie lorsque les hommes qui ne veulent rien faire contre l'honneur et la probité sont repoussés des emplois publics.

Il y a tyrannie lorsqu'il n’est plus permis de faire l’éloge de la vertu , de prendre la défense des opprimés, et de venir au secours des indigents.

U y a tyrannie enfin lorsque les louanges de l’autorité ne sortent que de bouches mercenaires, et que les gens de bien se taisent.

La vie des tyrans populaires n’est pas plus en sûreté que celle des tyrans royaux : Marat périt parle poignard; Dioclès, fiU et successeur de Pisistrate, avait subi le même châtiment. Les deux ltobespierre, Danton, Saint-Just, Carrier, Lebon, Couthon, moururent sur l’échafaud.

L’établissement de la tyrannie est le plus funeste outrage qui puisse être fait à la morale et à l'humanité. Elle ne s’élève que sur la ruine des mœurs et des lois; elle vit au milieu des débauches et de la corruption; elle se soutient par la violence et le meurtre, en amollissant tous les courages, en détruisant tous les sentiments généreux. Les tyrans tombent presque toujours frappés de l’arme des assassins, ne laissant aux hommes d’autre voie que le crime pour se délivrer de leurs crimes.

Tendre des pièges, semer des espions, ouvrir des abîmes sur le chemin des citoyens, c’est l’œuvre de la tyrannie; tomber dans des pièges, être englouti dans des abîmes, c’est le destin des tyrans.

Page 79. Les occupations de l’esprit sont redoutables aux tyrans.

Le despotisme n’est pas moins ennemi de la philosophie que le fanatisme. «Dans tout pays, dit madame «le Staël, où l’autorité publique met des bornes superstitieuses à la recherche des idées philosophiques, lorsque l’émulation s’est épuisée sur les beaux-arts, les hommes éclairés, n’ayant plus de route à suivre, plus de but, plus d’avenir, se laissent aller au découragement, età peine reste-t-il assez de force à l’esprit humain pour inventer les amusements de ses loisirs. » .

NOTES

Quelquefois les gricncc» et les arts sont protégés ou au moins tolérés par la royauté absolue ou le pouvoir aristocratique. Toujours l’uoe et l'autre proscrivent avec une haine et une fureur égales l'indépendance philosophique.

Les précautions des tyrans pour éviter leur perte ne peuvent les eu garantir, car il u'y a de solide que ce qui repose sur la vertu.

« Les serments sont une des ressources les plus vaines des despotes , dit M. Pastoret; plus ils se sentent indignes du pouvoir, plus ils les multiplient : ils semblent oublier qu’il est pour tous les peuples, comme pour tous les hommes, un serment plus ancien, plus inviolable, celui d’aimer Injustice et la liberté.

«Ninias, dit le même auteur, entourait de soldats son palais et sa capitale, par une suite de ce» défiances juste punition de la tyrannie, car la crainte est pour les tyrans le supplément des remords. ■

( Histoire de la Législation , tome l*r, p. 88 et 89. )

Pager)j. Si, à la mort de Henri IV, le pouvoir eût etc partagé entre le prince et les chambres législatives.

Les discordes qui suivirent de si près la mort de ce prince suggérèrent sans doute à Sully les réflexions suivantes qui se trouvent dans ses Mémoires :

■ Le plus ancien de tous les royaumes qui s’élevèrent sur les raines de l’empire d’Occident , est sans contredit celui qui fut fondé dans les Gaules parles Francs, ainsi nommés de la Franconie. Ils en avaient été appelés par les Gaulois des environs de la Moselle, pour leur aider à se délivrer de f oppression des armées romaines.

« La coutume de ces Francs ou Français étant de donner le nom de roi à celui qu’ils choisissaient pour leur commander, si le premier et le second de ces chefs ne l'ont pas porté, il est certain du moins que le troisième, qui est Mérovéc, et encore plus Clovis, qui fut le cinquième, en furent revêtus, et quelques uns d’eux le soutinrent avec tant de gloire, entre autres Pépin et Charles Martel, auxquels on ne peut le refuser sans injustice, que Charlemagne, leur digne héritier, parvint jusqu’à faire revivre dans la Gaule une image, imparfaite à la vérité, de cet empire d'Occident alors éteint; avantage auquel contribuaient naturellement nne multitude infinie

NOTES

d'habitants très propres à la guerre, et une grande fertilité pour tout ce qui sert aux différents besoins des hommes, joint à une extrême commodité pour le commerce, la situation de la France la rendant le centre des quatre principales dominations de la chrétienté, l’Allemagne, l'Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne, avec les Pays-Bas.

« Disons un mot sur chacune des trois races qui composent la suite de nos rois. Je ne vois dans la première que Mérovée, Clovis Ier, et Clotaire II; Charles Martel, Pepin-le-Ilref et Charlemagne dans la seconde , qui $e soient tirés du pair des rois. Ces six ôtés de trente-cinq que l'on compte dans ces deux rares, tous les autres furent, par leurs vices ou par leur incapacité , de méchants rois, ou des ombres de rois, parmi lesquels encore on peut distinguer Sigebert et Dagobert par quelques bonnes qualités, et Louis-le-Débonnaire par une grande dévotion, qui n’aboutit pourtant qu’à lui faire regretter dans un cloître la perte de sa liberté, de son royaume et de l’empire.

• Cette race carlovingiennc ayant régné obscurément et fini de même, la couronne passa dans une troisième, dont les quatre premiers rois sont , à mon sens, des modèles parfaits d'un bon et sage gouvernement. Le royaume qu'ils eurent à conduire avait beaucoup perdu de sa première splendeur, puisque, de l'immense étendue qu’il avait eue du temps de Charlemagne, il était réduit à-peu-près aux mêmes bornes dans lesquelles il est renfermé aujourd’hui, avec cette différence que, quaud ils auraient eu la pensée de le rétablir, la forme de son gouvernement, qui les mettait à la merci des grands et du peuple (en possession de choisir et de maîtriser ses souverains), ne leur laissait aucun moyen d’y parvenir. Le parti quils prirent fut de condamner au silence le pouvoir arbitraire , et de faire régner en sa place l’équité elle-même, espèce de domination qui n’a jamais excité Convie. Bien ne se fit plus sans y appeler les grands et les principales villes, et presque toujours par la décision des états assemblés. Une conduite si modérée coupa pied à toutes les brigues, et étouffa toutes sortes de complots, toujours fâcheux pour l’état ou pour le souverain. L'ordre, C économie , la distinction du mérite , une justice exacte, toutes les vertus qu'ou cherche dans un chef de famille , caractérisèrent ce nouveau gouvernement , et produisirent ce qu’on n'a jamais vu, et ce qu’on ne verra peut-être jamais, je veux dire une paix de cent vingt-deux ans consécutifs. Ce que ces

princes y gagnèrent pour eux- mêmes en particulier , et que toute l'autorité tic la loi salique ne leur aurait jamais valu, ce fut davantage •V introduire dans leur maison l' hérédité de la couronne. Ils eurent encore besoin pour cela tic recourir à la précaution de ne déclarer leurs fils aînés pour leurs successeurs qu après avoir modestement demandé le suffrage des peuples , avoir fait précéder une espèce J élection , et ordinairemen l les avoir fait sacrer de leur vivant , et asseoir à côté d’eux sur le trône.

« Philip j h* II, que Louis VH, sou père, ht de même sacrer et régner avec lui,^^ le premier qui s’écarta de cette façon de procéder entre le souverain et son peuple. Plusieurs victoires remportées sur les étrangers et sur ses propres sujets , qui lui Jirent donner le surnom tf Auguste t lui servirent à s’ouvrir un chemin à l’autorité absolue y et cette idée s’imprima ensuite si fortement dans l'esprit de ses successeurs, à l’aide des favoris , des ministres et des principaux officiers de guerre y quils crurent faire un coup de la plus profonde politique, en s'attachant à détruire des maximes dont l'utilité pour le bien général et particulier venait if être encore si bien confirmée par l expérience , sans craindre ou peut-être sans prévoir toutes les suites malheureuses qu’une entreprise de cette nature, contre une nation idolâtre de sa liberté , pouvait et même devait nécessairement avoir. Il leur fut facile d’en juger par les remèdes auxquels le peuple eut aussitôt recours pour se soustraire au joug dont il se voyait menacé. Jamais on n’obtint de lui que cette sorte d'obéissance forcée , qui fait embrasser avec plus <f avidité tous les moyens de désobéir.

* De là mille querres cruelles. Celle qui livra la France en proie aux Anglais , celles qu’on eut avec l'Italie, la Bourgogne, l’Espagne, ue peuvent être imputées qu'aux dissensions civiles qui les précédèrent, et dans lesquelles les plus faibles, étouffant la voix de l'honneur et de l’intérêt de la nation , appelèrent l’étranger au secours de leur liberté: triste et honteux remède, employé constamment depuis ce temps- là , et de nos jours même par la maison de Lorraine, dans une ligue dont la religion ne fut que le prétexte. Un second mal qui, pour paraître d’abord d’un genre différent, n’en part pas moins , selon moi, de la même source, c’est le dérèglement des mœurs, la soif des richesses , la manie tf un luxe monstrueux , causes et effets tour-à-tour, ou à-la-fois, de nos misères. Voilà quelles ont été les variations de notre malheureuse politique, soit quant a la forme de gouverner , successivement assujettie à la volonté du

peuple, tlu soldat, des grands, des états, des rois; soit quant à la personne même de res derniers, dépendante, élective, héréditaire, absolue. On a vu d’avance, dans ce tableau, quel jugement on doit porter sur la troisième race de nos rois. Nous trouvons mille choses à admirer dans Philippe-Auguste , saint Louis, Philippe-le-Bel , Charlesle-Sage , Charles VII, Louis XÏI. Quel dommage que tant de vertus ou de grandes qualités n’aient pas porté sur d’autres fondements? quavec plaisir on leur donnerait le titre de grands mis, si l'on pouvait se cacher que les peuples ont été malheureux ! Que n’y auraitil pas à dire en particulier de Louis IX? Des quarante-quatre années qu'il régna, les vingt premières offrent un spectacle qui n’est pas indigne d’être comparé avec les onze dernières de Flenri-le-Grand. Mais je crains bien que toute leur gloire ne soit détruite par les vingt-quatre suivantes, lorsqu’on y verra que des impôts excessifs , pour satisfaire une dévotion mal entendue et ruineuse, des sommes immenses transportées dans les pays les plus éloignés pour le rachat des prisonniers, tant de milliers de citoyens sacrifiés, tant d'illustres maisons éteintes, remplirent la France d'un deuil général, et fout ensemble d’une calamité universelle. »

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