ET LES OUVRAGES
aux Châtei, et aux Ravaillac. La noblesse soutint le clergé, et le tiers-état eut besoin de l’appui du parlement pour faire déclarer que nulle puissance n’a le droit d’autoriser un sujet à attenter à la vie de son souverain.
Tout le monde sait que Sépulvéda composa un livre pour excuser les cruautés exercées par les Espagnols contre les Américains; il soutint que, pour les soumettre plus facilement à la foi catholique, il était permis d’user envers eux de toutes sortes de violences, de les dépouiller, de les jeter dans les fers, et même de les égorger. Cbarles- Quint fit supprimer en Espagne cet ouvrage sanguinaire ; le pape en permit la publication à Rome.
Deux jésuites, Collendal et Montausan, dans leurs commentaires sur les œuvres théologiques de Busembaüm, ont avancé ces maximes qu'aucun pape, aucun concile, aucune assemblée de théologiens n’ont condamnées: « Un homme chargé de a tuer un excommunié peut donner cette commis- « sion à un autre, et c’est un acte de charité de lac- « cepter. Un citoyen, proscrit par son prince, peut » être mis à mort dans les états de ce prince, et non ■■ pas au dehors; mais le pape, dès qu’une fois il a u proscrit un potentat, peut faire exercer son décret « par toute la terre, pareeque le pape est souve- « rain du monde entier. » Le jésuite Malagrida a déclaré qu’il était permis de tuer le roi de Portugal.