‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 53 sur 318 · LÉGALITÉ CIVILE · texte numérisé non relu

LÉGALITÉ CIVILE

Tout ce qui sépare les hommes au lieu de les réunir est un mal , en ce qu'il fait naître d'un côté l’orgueil , et de l’autre l’envie, causes éternelles d’oppression et de révolutions. Sous ce rapport , les distinctions héréditaires, les privilèges, les titres, sont des institutions immorales, u Combien, dit Mmc de Staël, de mauvais sentiments sont épargnés à l’homme quand on éloigne de son cœur la jalousie et l’humiliation ! »

Les lois sur le partage égal des successions entre les cohéritiers n’étaient pas seulement d’une justice rigoureuse, elles avaient un but éminemment moral ; « car, dit encore Mmc de Staël, le nécessaire en tout genre a quelque chose de révoltant, quand ce sont les possesseurs du superflu qui le mesurent. Tous les hommes n’ont pas seulement droit à ce qui est indispensable pour exister; on ne peut sans injustice leur refuser de participer à ces jouissances du cœur et de l’imagination que procurent l’éducation et un certain degré de lumières. »

Le principe des états libres est l’égalité civile, qui ne s’oppose pas aux distinctions les plus marquées entre les hommes selon leurs talents et leurs vertus, mais qui n’en admet point d’autres ; voilà pourquoi l’arbitraire recule chaque jour le régne des lois.

La justice même, devenue si facile et si complaisante, n’est pas encore tout-à-fait réconciliée avec les hommes du privilège : si déjà elle a établi

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