‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 56 sur 318 · OU ARBITRAIRES · texte numérisé non relu

OU ARBITRAIRES

au désespoir qu’une tête à faire tomber, n’est pas le plus immoral de tous ? Tel est le despotisme oriental ; tel fut au moyen âge le gouvernement de quelques républiques d’Italie, et particulièrement de Venise.

Sous les princes méchants ou faibles, les monarchies absolues de l’Occident différaient peu des états despotiques de l’Orient. Quels outrages furent épargnés aux mœurs , à la morale, à la religion , et à l’humanité, sous les régnes à jamais odieux ou déplorables de Charles VI , de Louis XI , de Charles IX, en France; de Pierre-le-Cruel, deFerdinandle-Catholique, de Philippe II, en Espagne; de Guillaume-le-Conquérant , de Jean-Sans-Terre, de Henri VIII, de Charles II, et de son frère Jacques, en Angleterre ; de Christiern, en Danemarck et en •Suède ?

La faculté de juger a été donnée à l'homme afin qu’il pût distinguer le bien du mal. Le pouvoir absolu s’oppose à l’exercice de cette faculté; car ce qu’il hait le plus c’est la pensée, ce sont les esprits éclairés, les cœurs droits, et les consciences scrupuleuses.

Dans les monarchies absolues , comme dans les états despotiques , il n’y a point de nation ; on n’y donne ce nom qu’aux adorateurs d’un seul homme : il s’y commet de grands crimes politiques , tantôt contre la personne du souverain, tantôt par son

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