DE LA TYRANNIE
crimes. Ce sont les gens de bien qui s’élèvent contre la tyrannie , non pour venger leur propre injure , mais par compassion pour les opprimés.
La tyrannie a cela de funeste qu’en même temps qu’elle dégrade les caractères par la servitude et la flatterie elle corrompt les moeurs par l’imitation.
Quand Auguste avait bu la Pologne était ivre.
Les plaisirs deviennent le seul but des actions quand l’existence est sans vertu, sans gloire, et sans liberté.
Les occupations de l’esprit sont redoutables aux tyrans, parccqu’elles conduisent à l'examen, et que tout examen est contraire à la tyrannie. La poésie même leur est suspecte. Lucain chanta les combats de la liberté expirante ; Néron jugea que de tels chants méritaient la mort.
Les tyrans se rendent secrètement justice; ils savent qu’ils sont haïs, qu’on desire leur mort: aussi les voit-on toujours prompts à accuser de conspiration contre leur personne ceux à qui ils inspirent le plus d’horreur , c’est-à-dire les gens de bien. Ils ne •peuvent souffrir ni ceux qui écrivent ni ceux qui parlent avec sincérité ; car l'éloge de la vertu est la satire du vice. C’est presque une condition de l’existence des tyrans de mettre des entraves à la circulation des idées, et par conséquent de s’opposer à leur publication.