OIT SANS PRINCIPES. I 2Ç
neste détruit souvent avec fracas; d’enchaîner la nation , au risque des malheurs qui peuvent résulter de ses efforts pour rompre sa chaîne.
Un des plus admirables secrets de l'art du ministère dans les gouvernements absolus est celui que révéle l’indignation d’Oxenstiern, dans son Histoire de Suède : Un ministre habile doit faire faire de telles sottises à son maître, qu'une sorte de solidarité, de complicité , s'établisse entre eux; cette maxime est une de celles dont les ministres se sont le moins écartés.
Dans une de ces intrigues de palais, si fréquentes dans les monarchies absolues, et dans lesquelles il s’agit presque toujours de remplacer un valet par un autre, les courtisans devisaient sur le moyen le plus prompt et le plus sùr de renverser un. ministre favori; les uns proposent une fausse nouvelle à glisser dans l’oreille du roi, les autres une lettre anonyme, les autres une chanson satirique, et les plusjeunes l’entremise d’une maîtresse.
« Tous ces moyens sont usés, dit un vieux minis- « trequi s’y connaissait; je n’en vois qu'un infaillible. « Faites lui commettre malgré lui une action hon- «néte, je vous le garantis remplacé dans huit «jours. » Ou y parvint: la bonne action fut faite ; et, vingt-quatre heures après le favori était en route pour se rendre dans une de scs terres.