OU SANS PRINCIPES
bilité depuis daus l'estime publique : » Mes ennemis u ont beau faire; ils ne me renverseront pas. Dieu « merci! personne à la cour n’est meilleur valet que a moi. »
Ces maîtres valets ont effroyablement tourment»'; l’Europe: depuis Henri IV seulement jusqu a la révolution de 1789, on leur doit, de compte fait, soixante-onze violations de traités. Pendant que l’un s’amuse à rimer de mauvaises tragédies, les peuples s’égorgent dans les entractes de ses pièces; l’autre invente les dixièmes, et bientôt la famine est aux portes.
Une vieille éminence de soixante-dix ans prend en main le timon des affaires, et croit avoir fait beaucoup pour le bonheur de la France en achetant cinq ans de paix au prix de l’indépendance et de la gloire nationale.
Un étourdi, devenu l’idole d’une cour où le monarque était peut-être le seul homme de bien , s’engage à combler le déficit du trésor; il développe ses projets par des plaisanteries, les commente par des jeux de mots , les appuie par une impertinence infiniment aimable. On le fait ministre : en quelques mois il creuse le gouffre où vont s’abîmer le. trône, le monarque , et la monarchie.
D’où sont nés toutes ces fautes, tous ces délits publics que l’histoire nous dénonce? de l’oubli de la morale parmi les agents supérieurs de l’autorité, de
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la confusion de toutes les idées du juste et de l’injuste, de toutes les notions de vices et de vertus.
Le principe de toute monarchie, tempérée même par l'honneur et les chansons, est que les lois seules doivent être menaçantes, et que l’intervention du prince ne saurait jamais être qu’uu signal de grâce, de bienveillance, d’encouragement. Sur ce point, la morale est d’accord avec la politique; mais cette politique est rarement celle des ministres. S’ils parlent, c’est pour menacer du mécontentement du prince, du courroux du prince, des rigueurs du prince; et, dans toutes ces menaces, il est aisé de voir que c’est leur mécontentement, leur courroux personnels dont ils veulent vous effrayer.
Si jeu excepte ceux qui gouvernent aujourd’hui la France avec tant de gloire, et dont la modestie me condamne au silence , de quoi l’histoire de notre vieille monarchie nous montre-t-elle les ministres incessamment occupés? De combiner des vues profondes dont la ruine de letat est presque toujours la conséquence , lors même qu’elle n’en est pas le résultat infaillible; de dilapider la fortune publique en détruisant l’ouvrage de leur prédécesseur, pour avoir l’air de travailler sur un nouveau plan; de conserver à tout prix leur place , soit en jouant des comédies sanglantes, soit en tramant des conspirations burlesques ; d’écarter la vérité du trône et de l’entourer de fictions politiques, que la réalité fu-