CHAPITRE VII
Des négociateurs.
Il n’y a pas même aujourd’hui dcléve ambassadeur qui ne vous dise, pour vous donner une haute idée de sou instruction diplomatique, qu’un prince prudent ne doit pas tenir sa parole quand cette fidélité lui serait préjudiciable, ou lorsque les causes qui l’ont porté à s’engager n’existent plus ; car (ajoute le disciple de Machiavel, dans les mêmes termes que son maître) les raisons de colorer son manque de foi ne lui manqueront jamais, s'il est habite.
Tel est le précepte; voici l’exemple : Louis XII se plaignait de ce que le roi d’Aragon l’avait trompé trois fois: « Il en a menti, répondit Ferdinand (en ajoutant une épithète grossière que la pudeur d’un simple citoyen ne permet pas de répéter), je l’ai trompé dix. » En effet, la vie de ce prince fut un loug tissu de perfidies, et ce n’est sans doute pas ce qui lui valut le surnom de Catlioli<iue.
«La fortune se rencontre le plus souvent, dit Montaigne, au train de la raison; » pourquoi doue la chercher uniquement au train de l'habileté? Les politiques citent comme un de leurs chefs-d’œuvre