LE SOLDAT DE WATERLOO
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de Waterloo.
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Un jour s’est écoulé depuis la bataille. Les derniers traineurs ont quitté la plaine. Tout est silencieux dans ces champs funéraires, que couvraient hier des milliers d’êtres humains. Là, vingt rois ligués contre un chef; là, trente nations unies contre un peuple, ont attaqué avec crainte, et, long-temps vaincus, ont enfin triomphé sans honneur. Les cris de mort, de terreur ou de victoire, retentissaient hier encore dans ces lieux ; huit cents pièces de canon tonnaient sur ces collines désertes: leurs tormidablcs éclats répétés par les échos du Mont- Saint-Jean, le galop rapide des coursiers de la Sprée et de la Vistule, de la Tamise et du Tage , de la Seine et du Dniéper, le commandement^ les marches, les attaques, le choc terrible de trois cent
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mille soldat'; rassemblés de tous les coins du monde; quel tumulte! quel désordre que celui de la veille! quel repos que celui du lendemain!
Iæ soleil se couche. Ses derniers feux ensanglantés semblent avoir emprunté aux plaines qu’il éclaire encore une teinte de carnage et de terreur. La terre est jonchée de cadavres; la France a succombé. Vingt rois ont conduit leurs nombreuses légions contre un seul prince dont la grandeur les épouvantait. lis ont triomphé cette fois; la trahison était leur alliée. Qu’ils modèrent leur orgueil!
Hélas! ne sont-ce pas là ces aigles tant de fois victorieuses, ne sont-cc pas nos drapeaux, que je vois souillés de sang et traînés dans la poussière? Ces pièces de canon renversées, n’ont-elles pas foudroyé les Russes à Smolensk et les Prussiens à Austerlitz? N’ai-je pas reconnu nos vieilles bannières et toute la magnificence de nos camps à moitié ensevelies sous la fange trempée de sang humain ! Ah ! que ces souvenirs d’une gloire immortelle restent cachés au sein de la terre, et qu’un insolent ennemi n’en fasse pas les trophées menteurs d’une indigne victoire!