CHAPITRE III
Du fer. — Fonte de fer. — Mortiers en fonte. — t'stensües divers en fonte. — Cuivres laminés. — M. Dufaud ; lames pour canons de fusil.
Une des plus grandes richesses de la France, c’est le fer. Aucun pays n’a des mines de fer aussi considérables ni aussi productives. Le fer blanchi, le fer battu, le fer trempé, le fer fondu, ont fait la fortune de plus d’une province, où se sont établies ces diverses manufactures.
La fonte du fer a présenté de grands obstacles à l’industrie humaine, [.'or est ductile en sortant du fourneau; mais le fer rougit et reste intraitable. Aussi l’art de la fonte a-t-il été excessivement long à se perfectionner. Les Grecs eux-mêmes ne purent fondre que des ouvrages d’une très médiocre grandeur. Sous Louis XIV, Le Moine fit faire des progrès à cette industrie que MM. Périer, frères , ont le plus contribué à porter au degré de perfection où elle est arrivée.
C’est sur-tout par l’emploi du fer que nos richesses industrielles se sont accrues dej>uis quelques années dans une progression surprenante. Pour s’en
INDUSTRIE
convaincre, il suffit de jeter les yeux dans ceiiv, salle sur ce fer, cet acier, ce plomb, façonnés eu tuyaux, en mortiers, en fourneaux, en ressorts, et principalement sur ces faulx et ces limes, pour lesquelles la France fut si long-temps tributaire de rAllcmagne.
Dans cette même salle consacrée aux métaux, M. Dnfaud, ancien élève de l’école Polytheenique , mérite une mention particulière; les fers qu’il expose ont été fabriqués au laminoir, sans le secours du marteau. Ce nouveau procédé, qu’il a introduit dans les forges, eu change absolument le système; et par l’augmentation considérable que le procédé apporte dans les produits, il est permis d’espérer que les forges nationales suffiront désormais à la consommation de notre industrie.
Les lames pour canon de fusil, exposées par ce savant artiste, sont fabriquées par une machine de son invention; M. Dufaud résout ainsi deux problèmes d'une haute importance, laminer d’une largeur et d’une épaisseur égales, une lame de fer d’une largeur et d’une épaisseur données. .T’ajoute que quatre hommes, au moyen de cette machine, fabriquent mille lames, dans le même espace de temps, qu’emploieraient cinquante hommes travaillant à force de bras par l'aucicnuc méthode.
INDUSTRIE