SCÈNE III
S’il osait de mes jours précipiter la fin?....
Zeuxis, tu vécus pour la gloire,
Tu ne connais plus de rivaux;
Tu peux mourir: les filles de mémoire A l'immortalité consacrent tes pinceaux.
Ah! c’est fort beau de vivre dans l'histoire;
Mais je l’avouerai sans détour;
Je verrais à regret ma carrière finie;
Je sais qu'on ne perd pas la gloire avec la vie;
Mais en perdant la vie, hélas ! on perd l’amour.
De mes travaux compagnes immortelles,
A qui je dois mes talents, mon bonheur,
De vos regards les vives étincelles Embrâsent à-la-fois mon génie et mon cœur.
Je ne vous verrais plus, ô mes charmants modèles!.... La mort peut loin de vous inspirer la terreur....
Ah! repoussons une indigne faiblesse;
N'achetons pas la vie au prix d’une bassesse,
Et ne prenons conseil que des lois de l’honneur.