‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 32 sur 136 · LE DISTIQUE · texte numérisé non relu

LE DISTIQUE

Le distique est un couplet dont le sens doit être renfermé en deux vers. Chez les Latins, le premier vers devait être hexamètre, et le second pentamètre. Les distiques de Caton, comme les quatrains de M. de Morel-Vindé, sont plus célèbres par l’excellente morale qu’ils renferment, que par la poésie du style.

Voltaire, qui avait concouru pour le prix de l’académie des sciences, sur la nature et la propagation du feu, avait pris pour devise ce distique latin, dont Condorcet admire l’énergique précision :

Ignis ubique laid, naturam anipleciitur omoem,

Cuncta périt, rénovai, dividit, unit, alit.

On chercherait vainement chez les poètes anciens, si lié-

74 ESSAI SE K LA POÉSIE LÉGÈRE, conds en ce genre, un distique à comparer à celui de Voltaire , inscrit au bas d’une statue de l’Amour :

Qui que lu sois , voici (ou maître ,

11 l’est, le fut, ou le doit être.

Ou cet autre du même auteur,

f£ur l'estampe du B. P. Girard et de La Cadière.

Cette belle voit Dieu , Girard voit cette belle :

Ab ! Girard est plus heureux qu'elle.

Tous les distiques de Le Brun sont des épigrammes en deux vers.

Sur une dame poète.

Chloé , belle et porte , a deux petits travers :

Elle fait son visage , et ne fait pas ses vers.

Dialogue entre un pauvre poète et l’auteur .

On vient de me voler. — Que je plains ton malheur!

— Tous mes vers manuscrits. — Que je plains le voleur !

Sur notre dictionnaire académique.

On fait, défait, refait ce beau dictionnaire.

Qui toujours très bien fait , reste toujours à faire.

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