L’INSCRIPTION
Les anciens, dont les habitudes sociales et les institutions politiques tendaient à tout populariser, se sont fréquemment servi de l’inscription comme d’une leçon publique.
Les inscriptions de Delphes, celles d’Athènes et de Rome, se bornaient à quelques mots destinés à rappeler
ESSAI SUR LA POÉSIE LÉGÈRE. 7 5 l'objet et le but du monument où l'inscription se trouvait placée. Ces mois n’étaient pas toujours soumis aux lois de la versification ; il en est de même parmi nous. Ce n’est doncque pour avoir occasion de citer l'admirable épitaphe de Voltaire, composée par Le Brun, que je range l’inscription parmi les poésies légères.
Sur ta mort de Voltaire.
O Parnasse ! frémis de douleur et d'effroi !
Pleure* , Mutes! brisez vos lyre» immortelles ;
Toi, dont il fatigua les cent voix et les ailes,
Dis que Voltaire est mort, pleure , et repose>toi.
Lorsque je place à la tête du recueil de mes poésies légères cet essai dans lequel j’ai réuni les divers chefs-d’œuvre de celte branche de littérature , je désire qu'on ne m’accuse ni d’un ridicule orgueil , ni d’une fausse modestie : je ne crois pas qu’on puisse égaler Béranger dans la chanson ; mais je pense qu'au banquet des chansonniers qu’il préside beaucoup de places peuvent être honorablement 'occupées, et qu’il m’est permis de m’y asseoir.