‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 35 sur 136 · ÉLOGE L)U TEMPS PRÉSENT · texte numérisé non relu

ÉLOGE L)U TEMPS PRÉSENT

VAUDEVILLE

Air : Lison donnait.

Assez d'autres dans leur manie Du passé vantent les douceurs;

Du présent que l'ou calomnie.

Amis, soyons les défenseurs.

Pour débuter avec franchise ,

Posons ce principe joyeux :

Nous valons mieux, nous valons mieux, (Quoi que maint aristarque en dise) Nous valons mieux, nous valons mieux Que nos vénérables aïeux.

La prise d’un fort d’Allemagne S’appelait jadis un succès;

Aujourd’hui pour chaque campagne Il faut un royaume aux Français.

A tous les siècles de l’histoire J’oppose nos jours glorieux.

Nous marchons mieux ( A/s )

Dans les plaines de la victoire;

Nous marchons mieux ( bis )

Que nos vénérables aïeux.

POÉSIES LÉO É 11 ES

Épris d'une Astrée infidèle,

Nous n’allons pas en Céladon,

Bêtement, pour nous venger d’elle,

Faire le saut dans Je Lignon.

A moi Coriue vous préfère,

Céliméne aura d’autres yeux :

Nous aimons mieux ,

Jouir, voilà la grande affaire;

Nous aimons mieux Que nos vénérables aïeux.

Quand nos vieux Gnulois les dimanches Dans un festin se rassemblaient,

D’un jambon entre deux éclanches Les bonnes gens se régalaient;

Salmis, vol-au-vents, et suprêmes,

N’ont jamais été connus d’eux.

Nous vivons mieux , ( bis )

L’art a fait des progrès extrêmes;

Nous vivons mieux ( bis )

Que nos vénérables aïeux.

De nos anciens l'humeur bachique Doit être en honneur au caveau;

Mais au fond du castel antique On s’enivrait de vin nouveau.

Nous choisissons pour notre table Et le meilleur et le plus vieux.

Nous buvons mieux, (bis)

Et notre ivresse est plus aimable;

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(bis)

(bis)

Nous buvons mieux Que nos vénérables aïeux.

Quelquefois une voix rustique,

Plus aigre encor que la liqueur , Fredonnait un mauvais cantique Où chacun détonnait en chœur.

Je le dis ( que l’on me pardonne D’avancer le fait en ces lieux).

Nous chantons mieux,

A part l’exemple que j’en donne;

Nous chantons mieux Que nos vénérables aïeux.

Jadis au sein de leurs familles ,

Pour célébrer le carnaval ,

Nos mères donnaient à leurs filles,

Le mardi gras, un petit bal.

Plus de réserve surannée.

Affranchis d'un joug ennuyeux ,

Nous dansons mieux,

Et nous dansons toute l’année;

Nous dansons mieux Que nos vénérables aïeux.

Nous savons que le temps nous presse Hier n’est plus qu’un souvenir,

Et, quelque certain qu’d paraisse, Demain est encor l’avenir.

Nos pères amassaient sans cesse Pour vivre quand ils seraient vieux.

Nous comptons mieux, (Ai»)

Aujourd'hui seul nous intéresse;

Nous comptons mieux ( bis )

Que nos vénérables aïeux.

En génie, en vertus, nos pères Ont conservé sur nous le pas;

Mais ce sont là de ces misères Où leurs tils ne s'arrêtent pas.

Notre avantage est manifeste Dans tous les objets sérieux.

Nous valons mieux, ( bis )

Ainsi que ma chanson l'atteste;

Nous valons mieux ( bis )

Que nos vénérables aïeux.

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