RESTONS A PARIS
Am : S ai vu f*ar~tout dans mes voyages.
J’ai découvert dans mes voyages Un pays comme on n'en voit pas;
Le ciel est toujours sans nuages,
La terre est toujours sans frimas; L’éclat de la rose nouvelle Orne la moindre fleur des champs; Tous les oiseaux, de Philoméle j
A l’envi répètent les chants. j
C’est là qu'on trouve les modèles De ces amours du bon vieux temps; Par-tout des maîtresses fidèles,
Des amants heureux et constants.
D’hymen on suit les lois sévères,
Les époux tiennent leurs serments ,
Et les enfants nomment leurs pères Sans faire rire leurs mamans.
De Mars la fureur meurtrière De ces lieux n’approche jamais ;
Et du bon abbé de Saint-Pierre Régne l’inaltérable paix.
De l’erreur le rayon oblique
(bis.)
N égaré pas les beaux esprits;
Et même en fait de politique On est toujours du même avis.
Là , point de rocher de Cancale, Point de vin d’Aï, de Pomar;
Une table simple et frugale,
Et d'un lait pur le doux nectar.
Le vieillard voit sans maladie A cent ans approcher sa fin ;
Il n'a, pour abréger sa vie.
Ni cuisinier ni médecin.
De l'amitié les nœuds sincères Réunissent tous les auteurs,
Et sans jalousie, en bon frères,
Us vivent avec les neuf sœurs.
Ces auteurs, différents des nôtres.
Partagent entre eux les succès;
Ils vantent toujours ceux des autres, Et des leurs ne parlent jamais.
Vous brûlez de prendre la route De ce pays aimé des cieux,
Et vous voulez savoir sans doute Comment j'ai pu quitter ces lieux ?
Je vous le dis en confidence.
Gardez-vous bien de me trahir.
Dans ce séjour de l’innocence , Hélas! on s’ennuie à périr.
Chez nous même jardin rassemble Et les roses et les pavots;
Pêle-mêle on rencontre ensemble Des sages, des fous, et des sots; Mais de ces contrastes étranges Naissent les plaisirs et les ris;
Béni soit le pays des anges ,
Mais pourtant restons à Paris.
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