‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 67 sur 136 · LA MIEUX AIMÉE · texte numérisé non relu

LA MIEUX AIMÉE

ROMANCE

Air de Carat : Je l'aime tant.

Bien loin j'ai cherché le bonheur;

Après une fatigue extrême Je le trouve au fond de mon cœur; Aline m’a dit : Je vous aime.

Aimons-nous donc, mais pour toujours.

Ah! que n’est-il en ma puissance.

Pour éterniser nos amours ,

D’éterniser notre existence.

Tu ne pourras jamais savoir,

O la plus et la mieux aimée,

Quel ascendant et quel pouvoir Tu prends sur mon ame charmée.

Dans la nature je ne vois.

Je ne trouve que ton image;

Aline, pour parler rtfe toi,

Tous les objets ont un langage.

Que de tourments et que d'ennui Aux lieux où tu ne saurais être !

Je ne t’ai pas vue aujourd'hui, Demain je te verrai peut-être.

C'est ainsi qn’en proie aux désirs Qui me brûlent dans ton absence , Mon cœur a recours aux plaisirs Que lui prodigue l'espérance.

Quand je plonge un regard d’amour Dans tes yeux, source de ma vie, Aux dieux dans leur divin séjour Ma félicité fait envie.

Peuvent-ils blâmer mon orgueil?

Je t’aime, je puis te le dire:

Le bonheur est dans ton coup d’œil, Et le ciel est dans ton sourire.

ROMANCE

SUR LA MORT d'üS FILS.

Air de l'enfant naturel de Bouliers : O toi qui nous; etc.

Grands dieux, écoutez ma prière!

Exaucez mes vœux paternels!

Rendez mon fils à la lumière,

Ou j’abjure vos vains autels....

Plainte inutile!

O mon Émile!

Du néant tu vas au tombeau.

Et de ta vie La Parque impie Tranche le fil dans ton berceau.

Que vois-je? une mère éplorée Gémit sur son fils expirant;

Sur sa bouche décolorée Elle exprime un lait impuissant:

Mère trop tendre ,

Cesse de prendre Des soins désormais superflus;

De ta tendresse.

De ta faiblesse ,

La victime n'existe plus.

Mon fils, plus heureux que ton père, Avant lui tu quittes le jour :

Tu n’as fait qu’un pas sur la terre; Qu'espérer d’un plus long séjour?

A l’infortune La loi commune

Nous condamne dans sa rigueur;

Et sur la terre L'homme n’est guère Que l’arbitre de son malheur.

Héritier d’un cœur trop sensible , Que de maux t’épargne le sort.

En t’abrégeant ce cours pénible Qui tôt ou tard mène à la mort.

De l’injustice.

De l’artifice

Tu ne craindras pas le réveil;

I*i sombre envie,

La calomnie,

Ne troubleront pas ton sommeil.

Dans ta malheureuse patrie,

Que déchirent d'ingrats enfants , Tu ne verras pas l'anarchie Déployant ses drapeaux sanglants , Sur son passage Souffler la rage ,

Alimenter les factions;

Et de ses crimes ,

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De ses victimes,

Épouvanter les nations.

De l'amour et de la nature >

Espérais-tu quelques douceurs?

C’est au prix des maux que j’endure Que l’on achète leurs faveurs.

Que ton enfance De l’existence Ne regrette pas le fardeau;

Ton pauvre père Bientôt espère

Te rejoindre dans le tombeau.

A IVr* R L)E S T J... D'A ,

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