A M" F STÉPHANIE LE C
Vous crierez à la calomnie;
N'importe, vous le méritez;
Pour votre fête, Stéphanie,
Je vous dirai vos vérités :
Ici chacun sans être habile Peut vous louer à tout propos;
Je prends la tac^c difficile.
Je vais parler de vos défauts.
La nature avec complaisance Sur vous épuisa ses bienfaits;
Je ne nierai pas l’évidence,
Je conviens de tous vos attraits :
Mais que d'autres vantent vos charmes,
Je ne flatte pas les tyrans:
Je tremble quand je vois des armes Entre le» mains des conquérants.
Que dire d’une humeur mobile Qui nous charme de cent façons?
De cet esprit vif et facile
Qui prend à-la-fois tous les tons?
Par une constance nouvelle Qu’on doit blâmer en l’imitant,
Afin de vous rester fidèle,
11 faut changer à chaque instant.
En vous croyez-vous que je prise Cette aimable simplicité?
Ce coeur si noble qui méprise Les hochets de la vanité?
Pour ces biens où chacun aspire Je puis expliquer vos froideurs :
Lorsque l’on possède un empire On peut dédaigner les grandeurs.