‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 86 sur 136 · MONOLOGUE LYRIQUE · texte numérisé non relu

MONOLOGUE LYRIQUE

( On iU|ipoir que la «cène »r passe dans la prison de Teukbury, pendant la nuit qui précéda le jour où l'infortunée reine d’Écossc périt sur 1 échafaud. )

Quelle nuit!.... quel songe pénible!....

J'achève un douloureux sommeil!

llélas! la vérité, plus triste, plus terrible,

M'attendait au réveil !

Dans les fers je m’agite encore :

Mais le trépas bientôt les brise sans retour.

Le premier rayon de l'aurore Doit éclairer mon dernier jour.

Dans la profondeur des nuages J'entends la foudre retentir;

Le ciel, par la voix des orages,

De mon destin vient m’avertir.

Autour de ma retraite obscure ,

Les vents avec un long murmure Ont répété ces mots.... Marie, il faut mourir!....

Après tant de souffrance,

Un supplice cruel, voilà mon espérance!

Recevez mes tristes adieux,

Voûtes sombres, séjour d'alarmes,

Muets témoins des larmes Qui coulent de mes yeux.

Adieu , si doux pays de France ' ,

Berceau de mon heureuse enfance.

D’où le sort voulut me bannir :

O ma pairie La plus chérie ,

Donne à Marie Un souvenir.

Et toi, de mes tourments artisan détestable, Perfide Élisabeth, tu jouis de mes pleurs!

Dix-huit ans de malheurs De ta vengeance infatigable M'ont pu désarmer les fureurs!

Viens assister à mon supplice;

Que mon trépas comble tes vœux;

Et par le plus lâche artifice,

Que ta haine encor me noircisse Chez nos derniers neveux.

Tu ne saurais tromper la justice éternelle, Indulgente à l’erreur et terrible aux forfaits ; Tu lui rendras compte, cruelle.

Des maux affreux que tu m’as faits.

Que vois-je !.... une clarté fatale A pénétré dans cette tour!....

Et déjà l’aube matinale Au monde ramène le jour.

J’écoute.... on approche.... on m’appelle

1 Les vers italiques sont de Marie Stuart elle-même.

( '.'est la mort qui s’offre à mes yeux !

En dieu met dans mou sein une force nouvelle;

Mon aine s’affranchit de su chaîne mortelle,

Et, brillante d’espoir, s’élève vers les cicux ■.

* Ce» quatre trèliet lyrique» ont été composées pour être mise» en musique par le* jeune» élève», et pour le» concours académiques.

POÉSIES DIVERSES

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