‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 9 sur 136 · LA VIVANDIÈRE · texte numérisé non relu

LA VIVANDIÈRE

Vivandière du régiment ,

C’est Catin qu'on me nomme ;

Je vends, je donne et bois gaiement Mon vin et mon rogome ;

J’ai le pied leste et l'œil mutin ,

Tin tin, lin tin , tin tin , r’iiu lin un ;

J'ai le pied leste et l'œil mutin ,

Soldats, voilà Catin.

Je fus chère à tous nos héros , llélas , combien j'en pleure !

Aussi , soldats et généraux Me comblaient à toute heure D'amour , de gloire et de butin ,

Tin tin , tin tin , tin tin , r'lin tin tin ;

D’amonr, de gloire et de butin.

Soldats , voilà Catin

ESSAI SUR LA POÉSIE LÉGÈRE. ai

J’ai pris part à tous vos exploits En vous versant à boire;

Songer, combien j'ai fait de foi*

Rafraîchir la victoire.

Ça grossissait son bulletin ,

Tiu tin ( lin tin , tin tin, r’lin tin lin .

Ça grossissait sou bulletin ,

Soldats, voilà Gatin.

Depuis les Alpes je sous sers;

Je me mis jeune en route :

A quatorze ans dans les déserts Je vous portais la goutte.

Puis j’entrai dans Vienne un mutin.

Tin tin , tin tin , tin tin , r*lin tin tin ;

Puis j’entrai dans Vienne un matin,

Soldats, voilà Catin.

De mou commerce et des amours C’était le temps prospère.

A Rome je passai huit jour».

Et de notre saint Père

Je débauchai le sacristain .

Tin tin, tiu tiu , tiu tin, r’lin lin lin ;

Je débauchai le sacristain ,

Soldats, voilà Catin.

J’ai fiait pins que maint duc et pair /

Pour mon pays que j’aime.

A Madrid si j’ai vendu cher.

Et cher à Moscou même ,

J’ai donné gratis à Pantin,

Tin tin , tin tin , tin tin , r’lin tin tiu ;

J’ai donné gratis à Pantin,

Soldats, voilà Catiu.

Çuand au nombre il fallut céder La victoire infidèle ,

Que u’avais-jc pour vous guider Ce qu’avait la Pucelle?

L'Anglais aurait fui sans butin.

Tin tin , tin tin , tiu lin , r'lin tin tin ;

L'Anglais aurait fui sans butin ,

Soldats, voilà Câlin.

Si je vois de nos vieux guerriers Pâlis par la souffrance,

Qui n'ont plus, malgré leurs lauriers,

De quoi boire à la France ,

Je refleuris encor leur teint.

Tin tin . tin tin , tin lin , r'lin tin tin ;

Je refleuris encor leur teint,

Soldats, voilà Catin.

Mais nos ennemis gorges d'or Paieront encore à boire ;

Oui , pour vous doit briller encor Le jour de la victoire.

J’en serai le réveil matin,

Tin tin, tin tin , tiu tin , r'lin tin tin;

J'en serai le réveil matin ,

Soldats, voilà Catin.

Trente années de victoires, souvenirs, regrets, sensibilité, gaieté, grâce, et philosophie, tout se trouve dans ce petit poème populaire dont une vivandière est l’héroïne.

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