ANTIOPE, ÉRIPHILE
ÉRIPHILE
AIR
Reine, vous connaissez l’excès de mon malheur; De l’amour le plus pur, victime infortunée ,
Par un perfide abandonnée,
Je viens cacher ici ma honte et ma douleur.
De vos terribles lois, qui vengent mon injure, J’ai subi la rigueur;
A de sauvages lois, dont frémit la nature,
J’ai su forcer mon cœur.
Je connais la rigueur du destin qui me lie; Par-tout je dois suivre vos pas;
Mais dans le sein de ma patrie Quand vous allez porter la guerre et le trépas , Souffrez que sur ces bords je ne vous suive pas.
ANTIOPE
Qu’espérez-vous?
ÉRIPHILE
J’ai banni de mon aine Une honteuse flamme ,
J’ai juré de punir l’auteur de mes tourments : J’obéirai sans peine,
Et, fidèle à ma haine,
Je tiendrai mes serments.
LES AMAZONES
Mais aux rives de Béotie Eripliile a reçu le jour,
Et sur cette terre chérie A ceux de qui je tiens la vie Je garde un souvenir d’amour.
O'un père à qui ma fuite a coûté tant de larmes Irai-je creuser le tombeau?
Parmi les flambeaux et les armes
Irai-je semer les alarmes
Dans les lieux où fut mon berceau ?
ANTIOPE
Tes destins sont fixés, par-tout il faut nous suivre;
C’est parmi nous que tu dois vivre ,
Et ta seule patrie est au milieu des camps.
Etouffe dans ton coeur ces lâches mouvements Qu’Antiope ne peut connaître;
Va, loin de partager ta honteuse douleur,
C’est dans les lieux qui m’ont vu naître Que je brûle en secret de porter ma fureur.
Én ip ut le.
Dans votre aine magnanime J’ai surpris quelquefois des sentiments plus doux. a s T l o p E.
Non; de mon immortel courroux La cause est trop légitime.
ÉRIPHILE
De nos communs ennemis Quel est donc le forfait dont l’horreur vous sépare? ANTIOPE.
Au crime affreux qu'ils ont commis.
Je mesure les maux que mon cœur leur prépare,