ACTE II, SCÈNE III
Et c’est d’eux-mêmes que j'appris A devenir barbare.
AIR
Auprès d’un trône où je dus aspirer,
Fille des rois, à la pudeur fidèle.
Et dédaignant une flamme mortelle ,
A mon bonheur tout semblait conspirer.
Le dieu qui lance le tonnerre.
Sous qui tfcmblent les deux et s'abaisse la terre , Brillant de gloire et de splendeur,
Jupiter parut lui-même :
A son hommage suprême Je ne pus dérober mon cœur.
Superbe amante et mère fortunée ,
Dans un mystérieux séjour Deux gages précieux d’un auguste hyménée Croissaient sous mes regards, et m’enivraient d’amour.
Mais de l'asile tutélaire Une clarté funeste a percé le mystère !
Qu’entends-je... ? Quels cris menaçants....!
Arrête... monstre sanguinaire!...
Ce sont mes fils... ! Vœux impuissants !...
Je cesse d’être mère;
Sur le mont Cithéron , par ordre de mon père.
On immole mes deux enfants... !
De mes chagrins tu sais la cause.
DUO
De vos chagrins l’horrible cause Doit en excuser les effets.
LES AMAZONES
ANTIOPE
A mon cœur la nature impose Les outrages que je lui fais.
ÉRIPHILE
Je partage vos maux.
ANTIOPE
Partage ma furie.