SCÈNE II
ALPHONSE, LÉON , CHEVALIERS ÉMIGRÉS, PEUPLE, etc. , ALPHONSE.
Peuple , dans un joyeux délire ,
Exhalez vos transports.
Il arrive ce roi qu’on chérit , qu’on admire :
Le bonheur renaît sur ces bords.
Le ciel a sur son front replacé la couronne;
Et d’un si grand bienfait qu'ont appelé vos vœux,
Que désormais tous les cœurs soient heureux.
Qui pourvoit se venger lorsque le roi pardonne?
( à Léon et aux chevaliers. )
Et vous, de ce trésor les gardiens chéris,
Vous, les dignes appuis d’une illustre infortune,
Dans la félicité commune,
De votre dévouement vous recevrez le prix.
LÉON
Ce prix est dans mon cœur, je l’ai reçu d’avance,
Et ma plus douce récompense Est de pouvoir ici, dans ce glorieux jour,
Mêler mon humble voix à vos accents d’amour.
ALPHONSE
Qu’il soit béni ce jour qui nous ramène un père !
AIR
Dédaignant ce laurier vulgaire Qui croît à l’ombre des cyprès ,
Pélage désarme la Guerre.
Déjà l’olivier tutélaire
3io PELAGE.
Fleurit dans les champs de Xérès.
Sous l'arbre de la Paix, amis, séchons nos larmes;
De ses rameaux couvrons nos armes,
Et dans nos bras, apres vingt ans,
^ Serrons nos femmes, nos enfants.
Du souvenir de la victoire Charmons les loisirs de l'honneur,
Et qu'aux jours brillants de la gloire Succèdent les jours du bonheur.