SCÈNE III
les Mêmes, PÉLAGE, FAVILA, cobtège.
( Pélage et Faviln sont portés sur une espèce de trône qu ombrage un dais de lis et de roses, La première partie du cortège se compose de petits détachements de troupes alliées, qui viennent garnir les côtés de la scène. Alphonse commande un détachement de troupes nationales ; plus près du trône , de jeunes filles précèdent , en dansant, le pavois, et sèment des fieurs sur le chemin-, la marche est fermée par une troupe de montagnards commandés par Léon. )
CHOEUR GÉNÉRAL, pendant la marche.
O roi ! notre chère espérance.
Source d’amour et de pleurs;
Non , le bienfait de ta présence N’est plus le rêve de nos cœurs.
Au sein même des alarmes
ACl'E H, SCÈNE 111. 3n
S'élève un jour si doux ; l’Ius de guerre, plus de larmes:
Pélage est avec nous.
PÉLAGE
Après de longues infortunes Au peuple, au monarque communes,
Je les revois ces murs trop long-temps attristés,
Que mon cœur paternel n’avait jamais quittés.
Je revois ma famille immense,
De vingt ans de malheur j 'obtiens la récompense. Réparer tous vos maux, tels sont mes premiers vœux. J’ai besoin de voir des heureux !
( Pélage présente Favila au peuple. )
De tous les biens qu’ici mon amour vous présage, Peuple, voici le gage.
Du ciel , dans un seul don , recevez les bienfaits.
La tille de Rodrigue est l’ange de la paix :
Elle vient parmi vous désarmer la vengeance , Légitimer la gloire, ennoblir l’espérance;
Et sous des traits chéris retracer à vos yeux L’image des vertus dont s'honorent les cieux.
choeub (le femmes.
Céleste fille de Pélage,
Quand tu reviens consoler ce séjour,
Pouvons-nous trouver un langage Pour célébrer dignement ton retour?
FAVILA
De joie et de bonheur mon ame est oppressée.
Je sors d’un funeste sommeil,
Et je voudrais en vaiu recueillir ma pensée,
St,
PELAGE
Au milieu des objets qui charment mon réveil. Heureuse des transports que ma présence inspire. Je vois un nouveau jour, mon cœur est ranimé. Qu’il est doux l’air que l’on respire Anx lieux où l'on a tant aimé !
AIR
Après tant d’alarmes ,
Après tant de larmes.
Combien ont de charmes
Ces voeux renaissants , . ,
Ces tendres accents !
Ali '. par tant de faveurs soudaines ,
Quand le ciel comble mes désirs ,
Il faut avoir senti mes peines . Pour connaître tous mes plaisirs.
ch OKU R des guerriers à Pelage.
Notre gloire n’est pas flétrie ,
Notre cœur n’est pas abattu.
En combattant pour la patrie,
Pour toi nous avons combattu.
PÉLAGE
Guerriers, en tout temps votre gloire Fut présente et chère à mes yeux ,
Et j’en dois compte à la mémoire De nos fils et de nos aïeux.
L’Africain peut troubler cette paix que j’adore,
La lice des combats peut se rouvrir encore ;
Nous y marcherons tous, forts de nos justes droits, La victoire fidèle entendra votre voix.
CHOEUR
Notre gloire , etc.