SCÈNE III
GALAOR, ZIRPHILE, RABIEL.
GALAOR
Approchez, belle Zirphile;
Vous me cherchiez peut-être?
ZIRPHILE.
Non, seigneur.
rabiel, à Galaor.
Vous voilà plus tranquille.
G a L a o R , ù Zirphile.
Vous avez l'air triste, rêveur;
Quelque ennui secret vous dévore :
Apprenez-m'en la cause.
ZIRPHILE.
Je l'ignore.
G ALAOB.
Vous préférez ces rochers menaçants Aux bosquets enchantés, aux jardins ravissants Où par-tout sous vos pas on voit les fleurs éclore ; Des plus purs diamants j’ai construit vos palais :
Les voeux que vous formez sont déjà satisfaits ;
Ici tout est soumis à votre aimable empire,
Tout enchante vos yeux.
ZIRPHILE.
Rien ne plait à mon coeur.
GALAOR
Que vous manque-t-il?
3a8 ZIRPHILE ET FLEUR DE MYRTE.
ZIRPHILE.
Le bonheur.
RABIEL.
C'est l’ainour qu’elle veut dire.
G A L A O R , à fur b i fl.
Malheureux...
( à Zirphile. )
Mais cet autre bien Que votre ame desire,
Quel est-il donc?
ZIRPHILE.
Je n’en sais rien.
AIR
Dans une retraite profonde Je me plais à m’ensevelir;
J’y rêve, au sein d'un autre monde.
Je ne sais quel autre plaisir.
Dans une route solitaire,
A travers les feux et les fleurs ,
Je suis un être imaginaire Dont l'absence cause mes pleurs.
Les charmes de l’étude,
Les douceurs du repos,
De mon inquiétude Ne calment pas les maux.
G A L A o R , à Rabiel.
Avec terreur je l’écoute.
RABIEL.
Seigneur, elle est sur la route ,
J'ai fait aussi ce rêve-là.