ACTE I, SCÈNE III
ÀIR.
Pourquoi celte tristesse ?
Êtes-vous amoureux?
Cédez à votre ivresse.
Soyez heureux.
Exercez ce pouvoir suprême Dont vous êtes armé ;
Ordonnez qu’on vous aime ,
Et vous serez aimé.
DEMALT.
Combien tu connais peu l'amour et sa puissance !
nus T AN.
Je jouis sans orgueil de mon indépendance.
DEMALT.
Conçois-tu mes tourments?
Par le plus doux lien mon ame est enchaînée,
Et dans ce même jour, aux autels d’hyménée J’oserais prononcer de parjures serments !...
nu ST A N.
L’heure de votre hymen par les dieux est fixée, Et du jour qui nous luit la lumière éclipsée Est le terme prescrit à vos engagements.
DEMALT.
Ah ! pourquoi Laméa, si fidèle et si tendre...?
«ySTAN.
Nos lois parlent, seigneur, elles régnent sur vous A vous nommer son époux,
Celle que vous aimez ne peut jamais prétendre.
DEMALT.
Je vois tous les écueils où je vais m’engager;
Mais de l'amour j’apprends ù braver un danger
LES BAYADÈRES
Que la raison inc fait connaître,
Et de mon sort enfin je veux rester le maître.
IIUST AN.
Seigneur, en consacrant un semblable lien, Pouvez-vous espérer...
DEM A LY
Non , je n'espère rien.
RUST AN
Contre cet hymen sacrilège Nos brames s’armeront de leur saint privilège.
DEM ALY
Je le sais trop.
( Sur un signe du raja , liuslan s'éloigne. ) Allons... je subirai mon sort;
Que Laméa s'éloigne... ô douloureuse image!
Je le sens, ce pénible effort Est au-dessus de mon courage.
Ain.
Viens, Laméa: de toi quand je suis séparé,
Mon cœur éteint languit sans espérance;
Ah ! viens charmer par ta présence Tous les ennuis dont je suis dévoré.
rdstas ( s'approche. )
Dans le parvis sacré qu’assiège peuple immense , Tes ministres, seigneur,
De ta présence auguste attendent la faveur.
DEM ALY
Qu'ils soient admis en ma présence.
( Utislan sort. )
Je ne sais quelle défiance.
,rl