SCÈNE II
LES MÊMES, FOLVILLE.
F O LV ILLE
J'accours plein de joie et d’impatience. '
DORVAL
Il n'y a pas de quoi : mon ami, nous venons....
SCÈSE II.
FOI.VII.LE
Et VOUS, ma cousine? ,
HENRIETTE
Je n'ai pas d'autre volonté.
FOLVILLE.
Ainsi, me voilà condamné?
DOR VAL
Sans appel.
FOLVILLE.
Et sans preuves, ce qui me donne mon recours vers votre justice; car enfin, si je vous démontrais que j'ai tenu mes engagements ?
MADAME DF. VERSEC.
En contractant pour deux mille écus de dettes nouvelles.
FOLVILLE.
Pourvu que je les paie.
DOR VAL
En continuant à rimailler.
FOLVILLE.
Cela n’est pas prouvé , mon oncle.
HENRIETTE
En multipliant vos visites chez nne femme....
MADAME DE VERSEC.
Dont la maison est le rendez-vous de tous les ridicules.
FOLVILLE.
Vous n’y allez pas, ma tante... comment pouvez-vous savoir que j’y retourne?
MADAME DE VERSEC.
J'ai pris mes informations, monsieur, et c'est aussi
TBÉATItE. T. Ht. lO
,46 M. BEAU FILS
par ce moyen que j’ai fait connaissance avec vos créanciers.
KOLVILLE.
Venons au fait, ma chère tante: jusqu’ici l'on m'accuse sans preuves; je me défends de même : prenons le reste de la journée pour fournir chacun les nôti'es, et jusque-là ne condamnons personne.
DORVAL
Qu’en dites-vous, ma sceur?
MADAME DE VERSEC.
J’y consens volontiers. A tantôt, mon neveu; puisque vous voulez des preuves, on vous en fournira.
DORVAL
Mon pauvre garçon, j’en suis fâché: mais tes affaires vont bien mal.
FOLVILLE.
Elles n’ont jamais été meilleures.
HENRIETTE
Monsieur peut avoir ses raisons, mon père; nous ne connaissons pas toutes ses ressources.
FOLVILLE.
Mon amour et vos bontés sont les seules dont je veuille faire usage; elles me suffiront, j’espère.
MADAME DE VERSEC.
Vous ferez bien d’en chercher d’autres. Allons, venez, ma nièce.
DORVAL, à Folville.
Adieu, mon ami; travaille, imagine: vous autres auteurs comiques vous n’étes jamais embarrassés.
( Ils sortent. )