‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 111 sur 382 · FO I.VILI.K · texte numérisé non relu

FO I.VILI.K

Voilà ce que c’est que d'étre un sot, on ne voit qu'un côté des objets : d'abord il ne faut qu’un instant pour paver ses dettes.

FIR.MIN

Pardonnez-moi , il faut encore de l’argent.

FO LV IL LE

Nous en trouverons. Quant à ma pièce, elle était faite avant nos conventions; je n’ai pas dit positivement que j’en fusse l’auteur en la faisant recevoir, et mon oncle, enterré dans le fond du Marais, ne sait pas seulement pour quel théâtre je travaille.

F lit Ml N.

Il le découvrira.

FOLVILLE.

Trop tard, puisque j’épouse aujourd’hui.

F IR MI N

11 est vrai que ce mariage est très probable, et très prochain sur-tout; car, excepté votre tante dont vous dépendez, le père de la demoiselle et la demoiselle ellemême, tout le monde y consent.

FOLVILLE.

Tu t’amuses à compter les obstacles, et moi je les franchis.

F IR Ml N.

Mais enfin, si vos folles espérances ne se réalisent pas, que ferez-vous?

Alors je ferai.... des comédies.

SCÈNK IM.

F IRM IN.

Dans ce cas, monsieur, donnez-moi mon compte, c'est-à-dire un certificat; dans l’état oii sont vos finances, il y aurait conscience à rien exi{;er de plus.

F O LV I L L E

Comment! tu veux me quitter? Je n'cntcnds pas cela; et je prétends bien que tu continues à vivre avec moi.

Fin MIN.

A mourir, dites donc: car au régime où vous m’avez réduit, je veux être pendu si j’ai plus de temps à vivre qu’une pièce nouvelle.

FOLVILLE.

Tu as un fonds d'esprit naturel; tu m’aideras, et je veux t'apprendre à rimer une ariette, comme nos faiseurs d’opéra-comiques.

Fl RM IN.

Moi , poète !

FOLVI LEE.

Je ne dis pas cela.

Et moi, je dis que vous auriez dû laisser là toutes ces balivernes où il n’y pas de l’eau à boire....

FOLVILLE.

Il n’y a que cela, au contraire.

FI RMI N.

Tenez, monsieur, vous avez beaucoup d’esprit, à ce qu’ils disent; car pour moi....

FOLVILLE.

Tu ne m’en parais pas bien convaincu.

Entendons-nous.

M. BEAUFILS.

F 0 Lv I L L E , écoutant.

Une voiture!.... C’est M. Deaufils, sans doute.

FIIIMIN.

Que diable pouvez-vous avoir à faire avec cet ori- {jinal?

N’en dis pas <le mal, c’est mon élève, et j’en veux feire un homme d’esprit.

Fin MIN.

Je ne mourrai donc pas sans avoir vu un miracle.

FOLVILLE.

Je traite avec lui une opération de finance d'un genre tout-à-fait neuf.

Fin.MIN.

Prenez-y garde: dans ce genre, les plus bêtes sont ordinairement les plus fins. { Il annonce. ) Monsieui- Beaufils.

( Il sort. )

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