‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 12 sur 382 · ACTE 1, SCÈNE II. ai · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II. ai

A cru pouvoir placer certaine demoiselle?....

SOLIVAH D.

Mais, baronne, c’est vous, à ce qu’elle prétend ,

Qui l’avez engagée....

LA BARONNE

Eli ! mais c’est différent ;

Vous êtes riche et veuf ; je croyais convenable Qu’Emestine choisit une compagne aimable.

Dont les soins, les talents, l’esprit et la raison Augmentassent l’éclat d’une grande maison :

Au contraire, j’apprends que dans votre famille Vous avez introduit une petite fille.

Sur les garants très si'irs de sou air ingénu Et d’un ancien ami qui vous est inconnu.

SOLIVARD.

Ma foi ! prenez-vous-en à monsieur de Ser\'ière.

Si j’ai mal fait, la faute est à lui tout entière.

Ce Maurevers par lui fut amené chez moi ;

D’ailleurs c’est un brave homme, ou du moins je le croi. Il a bien dans l’humeur quelque chose de rude.

On voit que du beau inonde il n'a pas l'habitude;

Il est sincère, brusque, entêté: cependant Il a pris sur nous tous un certain ascendant.

Pour ce qui me regarde, aisément je l’explique;

Depuis vingt ans notre homme habite l’Amérique,

Et par lui j’ai besoin de faire constater Un fait qui m’intéresse et qu’il peut attester:

Tel est, pour le moment, l’intérêt qui nous lie.

Quant à la jeune Fdlc, elle est vraiment jolie;

C'est le cas devant vous d’en tirer vanité.

Baronne, j’ai du faible encor pour la beauté.

L’HÉRITAGE

LA BARONNE

Ce faible ne va pas jusqucs au mariage.

SOLIVAItD.

Pour un second essai je manque de courage :.... Peut-être avez-vous su qu'une dame de cour M'a fait offrir sa main.

LA BARONNE

La marquise d’Ercour!...

SOLIVARD.

La dame, de noblesse et de titres chargée,

Au physique, au moral , est trop mal partagée;

Au physique très laide, au mord pas le sou ;

Vraiment pour l’épouser il faudrait être fou !

LA BARONNE

L’hymen de votre fille est notre unique affaire.

Pour cette chère enfant j’ai le cœur d’une mère : Puisque j’ai proposé le comte pour époux.

Je réponds de mon choix près d'elle et près de vous. C’est beaucoup, je le sais, qu’une haute naissance. Que le rang, les honneurs, le crédit, la puissance Qu’un si brillant hvinen lui jirésentc aujourd'hui : Mais pour vous, dans un gendre il vous faut un appui. Contre le préjugé qui déjà s’achemine.

Et des biens de chacun va scrutant l’origine.

SOLIVARD.

De tous vos préjugés je ne fais point de cas.

Et du quen dira-t-on je ne m’informe pas.

Mais quand je donne au comte une riche héritière ,

Je crains de trop payer ce beau nom de Servière.

LA BARONNE

Dans nos troubles civils comme un autre lésé ,

Digilized tjy Googli.

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