I.a consulter avant de terminer l’affaire
Or, j’ai quelque raison de croire que Préval Du comte pourrait bien être l’heureux rival.
LA BARON.NE
Qui! ce petit IVéval, grand coureur d’héritage ,
Sous les dehors d’un fou tranchant de l’homme sage. Amoureux par état et tracassier par goût,
24 L’HÉRITAGE
Qui ne cloute de rien et qui manque de tout !
J'aimerais encor mieux ce colonel Montjoie Que son oncle, dit-on, aujoiurd'hiii vous envoie Pour essayer l’effet de ces (;rands mouvements Que dans le monde on prend pour de grands sentiments, Mais dont je me suis fait une plus juste idée;
On devine aisément les projets d’Ainédée.
Monsieur le colonel voudrait Lien, je le crois,
Joindre à sa demi-solde un million tournois :
Cela ne gâte rien.
SOLI VA 11 I)
En toute circonstance J'aurais au colonel donné la préférence;
Son oncle le bailli se croit toujours seigneur D’un grand fief dont je suis devenu possesseur :
Qu’il chasse dans mes bois, qu’on l'encense à l’église. Fort bien; mais il voudrait pousser sou entreprise;
En m'offrant son neveu , riche de grands exploits ,
Il prétend marier ses titres et mes droits.
Mais je vois maintenant que monsieur de Servière Me donne sur ce point sv'ireté tout entière;
Qu'en épousant ma fille il liquide ses biens ,
Et que de son crédit il protège les miens :
Qu'Ernesline consente, et nous pourrons conclure.
LA BARONNE
Elle y consentira , c’est moi qui vous l'assure ;
Mais à ce mariage , entre nous arrête ,
11 se présente encore une difficulté ;
Le comte , homme d'esprit , attache à la naissance Sinon quelque valeur, du moins quelque importance. La vôtre?...