EN TROIS ACTES ET EN PROSE
IIKPRÉ.SENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR LK THEATRE DE L’oDÉON, le la AVRIL 1807.
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En politique, les exceptions sont injustes j dans le monde, les exceptions sont ridicules ou sublimes; les exceptions, dans l’art dramatique, sont rarement heureuses.
J’entends par exception ces caractères qui sortent de la règle commune, et qui sont en opposition avec les mœurs habituelles de leur âge, de leur position sociale ou de leur pays. Le poète dramatique doit donner à son siècle des leçons utiles, en lui ofFrant des portraits ressemblants. Avec quelque talent qu’il fasse l’éloge ou la satire d’un individu perdu dans la foule, il a manqué le but.
C’est ainsi que Destouclies , dans sa comédie de l’Homme Singulier, a vainement prodigué beaucoup de vers et de situations comiques; il ne produit aucun effet. Qu’un homme soit bizarre; qu’il s’éloigne de toutes les coutumes sociales, peu importe à des spectateurs pour qui le théâtre est le miroir de la société , telle qu’ils la voient et dont ils font partie.
Ttlrence, long- temps avant Destouches, était tombé dans la même faute. Un père humoriste , qui châtie son fils , et le force de fuir pour se châtier lui-même ensuite de sa dureté, en se retirant au fond des bois; ce caractère ( l’//éaufont/>norunienos ) n’est pas absolument faux, mais il appartient à cette nature d’exception h laquelle le public s’intéresse très peu.
Je pourrais apporter plusieurs exemples récents à l'appui de cette critique : je me contenterai de citer le précepte d’IIorace:
Æulii cujusqae oolandi suoi tibi mores....
U Conserve h chaque âge ses mœurs, scs habitudes; que h^ jeune homme soit bouillant, étourdi, volage; que l’homme iiiùr ait du l'ambition , de la sagesse, de la constance ; que le vieillard soit cupide, grondeur, n
J’aurais très mal rendu ma pensée, si l’on pouvait croire que je voulusse m’élever contre ces contrastes de position et de caractère, d’où résultent les plus grands effets'comiques, lorsqu’il y a vérité dans ces contrastes, et lorsqu’ils s’adressent à des classes entières, comme dans le Bourgeois Gentilhomme , dans le Bourru bienfaisant, etc. Dufresny a tiré grand parti de ces oppositions naturelles et communes. Doué d’un talent original et d'un esprit fin, il a su habilement choisir, entre les bizarreries humaines , non celles qui étonnent par leur rareté, mais celles qui naissent communément des contrastes si fréquents entre les mœurs, les habitudes, le caractère, et la position.
Je viens de faire le procès à ma comédie. Un auiJe héritier de vingt-cinq ans est un caractère d’exception ; il est rare de rencontrer des jeunes gens avares, intéressés, avides de recueillir des héritages, et prêts à sacrifier les plaisirs de leur âg<! à l’ambition des richesses. Ces travers appar-
tiennent à un âge plus avancé. Malgré le défaut capital, que j’ai pris luoi-méme le soin de signaler, cette pièce adù au jeu plein de naturel et d’esprit de MM. Closel et xârmand un succès qui n’a clé interrompu que par celui de la ('’ieille Tante, comédie deM. Picard , fondée sur un caractère à-peuprès semblable.
TMÉWHC. T. III
PERSONNAGES
ORPIIILE.
M. Closf.i..
MADAME HERBINE, tante d'Or-
phile. M"'PÉLissiEn.
DURF'ORT, oncle d’Orphilc ,
frère de madame IleiJiine. M. Bos.^et.
SESANNE, amant de Victorine. M. Baroieii.
VICTORINE, pupille de madame
llerbine et de M. Durfort. M"* Adeline.
MARGUERITE, feinine-decbarge
chezM. Durfort.
'Perrin.
VALENTIN, valet d’Orphile.
Picard, jeune.
UN NOTAIRE
Cauvin.