‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 220 sur 382 · ACTE I, SCÈNE III. agS · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. agS

■ ORPIIILE.

Quand cela serait, je suis ici pour cela; et la vie que je mène depuis cinq ans, est-ce pour mon plaisir?

VALKSTIN.

Oh non ! c’est pour votre intérêt.

ORPIIILE.

Chacun cherche à s'enrichir; j’ai choisi la manière la plu.s innocente et la plus naturelle.

VALENTIK.

Mais pon pas la plus courte; car enfin vous n’êtes pas plus avancé que le premier jour.

ORPIIILE.

Comment, butor! ma tante n’a-t-elle pas cinq ans de plus? ce qui lui en fait soixante-onze ; crois-tu qu’elle soit immortelle? ( reprenant le ton cafard. ) Ce n’est pas que j’arrête un instant ma pensée sur ses derniers moments; mais enfin chacun doit finir; c’est une loi générale; et les vœux que je forme pour ma tante ne changeront pas l’ordre de la nature, j’espère.

VALENTIN

C’est certain.

ORPHILE.

Il est bien naturel encore qu’elle récompense par son héritage les soins désintéressés que je lui donne.

VALENTIN

Sans doute; mais je remarque que madame Herbine se porte de mieux en mieux depuis que vous êtes auprès d’elle; et vous avouerez qu’il est bien malheureux qu’un galant homme ne puisse mériter un héritage que par des soins qui en éloignent la possession.

L’AVIDE HÉUITIER.

ORPHILK.

Il y a bien quelque chose de vrai dans cette réflexion ; mais que veux-tu?

VALENTIN

Si vous eussiez voulu m’en croire, nous serions restés chez cet oncle qui vous a élevé; il avait une goutte bien conditionnée, qui lui jouera quelque mauvais tour un jour on l’antre; et, pour mon compte, il y avait là une certaine Marguerite que je me sentais la force d’épouser.

O R PII ILE

Je ne me suis décidé qu’avec connaissance de cause; et j’ai dA me fixer auprès de celle qui avait de moi un besoin plus pressant.

VALENTIN

Je sais que nous avons examiné les extraits de baptême très attentivement; que celui de madame Herbine parlait en sa faveur; mais elle est femme à laisser passer son tour; l’âge ne règle pas toujours l’ordre de la marche, et les parents ne sont pas en coupe réglée comme les arbres des forêts.

ORPUILE.

Cela serait mieux, je l'avoue; on saurait à qui l’on doit ses premiers soins; mais en prenant les choses telles qu’elles sont , il y a des calculs de probabilité dont on doit faire usage.

VALENTIN

Ah! monsieur, que j’ai bâte de vous voir vêtu de noir de la tête aux pieds! Vous ne vous figurez pas combien cet habillement vous sied; les pleureuses vous donnent un air de gaieté mélancoUque.

Page 1