ACTE I, SCÈNE III
ORPIIILE.
Il est vrai que le deuil ne me va pas mal.
VALENTIN
La vue d’un habit noir me représente tout de suite des terres, des châteaux, un coffre-fort... Je ne vous l’ai vu porter qu’une fois, pour ce cousin dont un maudit enfant naturel vint nous ratler la succession.
C’était une loi bien contraire aux bonnes mœurs, à la nature, que celle qui dépouillait un cousin légitime en faveur d’un fils né hors du mariage; je verrai s’il n’y a pas moyen de revenir là-dessus.
VALENTIN
Le plus pressé, croyez-moi , est de surveiller un certain monsieur de Sesanne, qui vient très fréquemment dans la maison depuis quelque temps.
OIIPIIILE.
Je le soupçonne d’avoir des vues sur Victorine.
VALENTIN
Je croirais plutôt qu’il en veut aux beaux yeux de la cassette de madame Ilerbine.
OIIPIIILE.
Quelle idée que ma tante à son âge...
VALENTIN
Son âge? c’est justement ce qu’elle a de mieux : après trente ans, le plus bel âge d’une femme riche, c’est soixantc-onze.
^ on P II ILE.
Impossible; ma tante m'aime trop pour songer... mais que Sesanne ait des vues sur elle ou sur sa pupille, scs projets n’en sont pas moins contraires à mes intérêts , et
29B L’AVIDE HÉRITIEIL
<lès lors , ils m’imposent également le soin de surveiller
ses démarches. Le voici ; essayons de le pénétrer.
VALESTIN.
Je vous conseille d'étre avec lui sur vos gardes.
( // sort. )