SCÈNE I
MAUIIEVKRS, FÉLIGIf:.
FÉLICIE
Quoi ! passer, sans me voir, toute la matinée 1 MAU R F. VERS.
C'est qii’oii m'a retenu; tl’ailletirs, dans la journée Je comptais bien trouver le temps de revenir.
Ffti.lCIF,.
Je ti’ai que le matin pour vous entretenir;
Tout le reste dti jour, près de mademoiselle....
AIAURF.VF.RS.
Eli Lien ! ma clière enfant, vous êtes mal près d'elle?
Je in’en étais dotité; ses défauts sont pour votis Une source d'ennui, de chajjrins, de dégoûts?
Mais je crains moins pour vous les airs qu’elle se donne Que l’arrivée ici de certaine baronne....
Je ne le'cache pas, les manières, le ton Du maître, des amis, des gens de la maison.
Me conviennent bien peu; s’il faut ne vous rien taire ,
A letir société j’aurai peine à me faire.
,’HtlUTAGK.
M A U II K V K n S.
Si ces flésa(];réinents, dont j’ai prévu l'effet,
Ne cliaiifjent encor rien à mon jiremier projet,
Vous devez concevoir, en ni’cîcoutant, nia chère. Que j’ai quelque raison dont je fais un mystère.
Je sais que, sans parents, sans secours, et sans bien , Je n’ai plus que vous seul pour ami, pour soutien.
■M AUilF,VF. n.s.
Un hasard dont le ciel a fait ma récompense Au.\ soins de l’amitié confia votre enfance :
Je remplis le devoir de mon destin nouveau.
Sur la terre étrangère où fut votre berceau.
La mort de votre père, à son pays utile.
Vous ouvrit à dix ans un glorieux asile Où l’état acquittait, par des soins protecteurs,
J.,a dette contractée envers ses défenseurs.
Élevée en ce lieu sous un auguste ombrage.
Lorsque je vous revis, vous aviez atteint l’ûge Où l’état désormais, quitte envers ses enfants.
Les livre sans danger à leurs nobles penchants.
Par un double motif, que mon cceur apprécie.
Vous avez désiré, ma chère Félicie,
Vous créant nn bonheur qu’on ne trouve qu’en soi , Faire de vos talents un honorable emploi.
Et chercher en vous-même un appui tutélaire.
Je goûtai ce projet, je le crus nécessaire.
Mais ce fut la raison et non pas le hasard Qui me détermina pour monsieur Solivard :
Lorsque je vous donnai pour compagne à sa fille.
Je voulais vous lier avec cette famille.
Mi
i;ni:iuTAfii:.
FÉLICIK.
Je ne devine pas respéce d'intérêt...,
MArnKVKii.s.
Je le crois bien vraiment; c’est encor mon secret ;
Mais ce secret iin jour peut devenir le vôtre,
Il pourrait m’alarmer de la part de tout autre;
Ce monsieur Solivard annonce le dessein De me faire accepter un époux de sa main; lût vous savez pourquoi je me suis décidée....
>t A i; Il E V E R s.
Ab! mon dieu oui; je sais que le cher Amédée Vient chez moi par hasard , qu'il vous entend, vous voit, (.)u’il vous trouve cliarmante, et cela se conçoit;
Que votre cœur, avant que votre esprit l’éclaire. Découvre qu'il unit à ce talent de plaire,
A ce don plus heureux d’aimer et d’être aimé.
Les qualités qui font que l’on est estimé :
Je sais qu’il votre amour, si délicat, si tendre, lia voix de la raison se fait bientôt entendre ;
Vous êtes sans fortune, Amédée est sans bien,
11 refuse pour vous le plus brillant lieu ;
Je n’ose prononcer; l'élicie elle-même S’impose le devoir de fuir celui qu’elle aime.
FÉLICIE
Je ne pouvais nourrir un espoir insensé.