‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 24 sur 382 · ACTE II, SCÈNE I. I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. I

Dont le noble seigneur ne se souvenait pins;

J’ai gagné mon procès contre son excellence,

Et dans un mois ou deux je puis quitter la l'i-ance.

Je n’y veux rien laisser que regrette mon cceiir.

Je nourris nn espoir; si c’était une erreur!

Enfin si je m’étais fait une fausse joie!

Avant peu, je saurai ce qti’il faut que j’en croie.

Et tous deux, sans regret, mais non pas sans cliagrin. De l’Amérique alors nous prendrons le cliemin ;

Qu’en dites-^ous ?

' FÉUCIK.

Monsieur, je vous aime et révère.

En vous depuis deux ans je trouve un second père ; Sûre que par mon cœur vos soins sont acquittés.

Je crains pourtant, je crains d’épuiser vos bontés;

Et de tant de bienfaits quand mon ame est remplie....

Vous l’oubliez toujours, ma ebère Eélicie ;

Nous étions convenus qu’entre nous désormais On ne parlerait plus de dettes, de bienfaits.

Je vous ai tenu lieu de père et de famille.

Eh bien ! acquittez-vous en devenant ma fille.

Je vous promets, au lieu de fortune et de rang.

Un avenir plus doux , dans un destin moins grand ;

Du bonheur l’amour même est un bien faible gage.... Oui, croyez-moi, ma chère, il dépend davantage Des vertus, des talents, des fruits de la raison Qui nous suivent du moins dans l’arrière-saison ;

La fille de seize ans, sagement prévoyante,

A su parer en vous la femme de quarante ;

Vous avez appris l’art, qu’on ne peut remplacer.

38 i; HÉ H I TA GE.

D'honorer la richesse, oii de vous en passer.

FKLICI E.

J’ai donc bien profité des leçons de mon maître.... Ces dames viennent....

Moi je sors; tantôt peut-être Nous aurons, pour juger le parti le meilleur. Quelques moyens de plus.

Adieu, mon cher tuteur.

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