SCÈNE XII
ORPHILE, VALENTIN.'
VALENTIN
Ce M. Sesanne a quelque chose de sinistre dans le regard; avez-vous vu?
ORPHILE, dans r ivresse de la joie. '
Il est bien question de cela vraiment.
VALENTIN
Quoi donc?
ORPHILE.
Valentin, il est on ne peut plus probable que demain matin je mVveillerai avec vingt-cinq ou trente mille livres de rente.
VALENTIN
Pas possible !
ORPHILE.
Écoute. (i7 lit.) K Mon cher neveu, je sens que je « touchcà mon terme {il s’interrompt.) exveüonl homme ! «les médecins m'ont abandonné....
VALENTIN
Tant pis. »
ORPHILE lit.
« Et puisqu'on ne peut emporter sa fortune avec soi... VALENTIN.
Il ne manquerait plus que ça.
L’AVIDE HÉRITIER
ORPIIILË lit.
n H faut du moins la laisser à quelqu’un qui en sente oie prix.» {il s'iiilciTomi>t.) 11 me rend bien justice. «Quelques torts que vous ayez envers moi, » {il s’interrompt. ) Oui, j en ai, Valentin, de bien véritables, mais pouvois-je prévoir?.... « quelques torts que vous ayez O envers moi, c’est en votre présence que je veux dicter « mes dernières volontés. Accourez, vous n’avez pas un « moment à perdre. »
V ALESTIti.
Il a raison, monsieur, et vite, et vite!
OltPHILE.
Il y a cependant une réflexion à faire; préviendrai-je madame Herbine, ne la préviendrai-je pas? Si je la préviens, malgré son animosité contre son frère, n’est-il pas possible que la voix du sang se fasse entendre , et qu’elle veuille m’accompagner?
VALENTIN
Diable! c’est dangereux; ils pourraient s’expliquer, et le moindre inconvénient serait de partager la succession avec elle.
ORPHILE.
D’un autre côté, si je pars à son insu, nous nous brouillons nécessairement, et je perds le fruit de cinq ans de peines et de soins.
VALENTIN
Au fait, monsieur, elle se porte bien, et votre oncle est à l’extrémité ; donc votre place est chez lui.
C'est incontestable; mais il s’agit de tout conserver.