DU II FOUT
Il est bien simple, mon ami; jeune, j'ai songé que je
L’AVIDE HÉRITIER, serais vieux ; vieux, je me souviens que j’ai été jeune; de lu prévoyance et de la mémoire, voilà tout.
SESANNE.
Vous mettez la sagesse à la portée de tout le monde.
DlIRFOnT.
Orpliile n’en est pas la preuve, et tu vas en juger: l'expérience que nous allons faire doit avoir plus d'un ré.sidtat; elle peut servir à me rapprocher d’une sœur que j’aime, et avec laquelle mon neveu a trouvé moyen de me brouiller; à me convaincre moi-même que je ne m’abuse point sur son compte; car, quand il est question de punir, il faut être sûr de son fait ; et eniin à te faire épouser ma pupille : mais, je t’en préviens, cela ne peut se faire que du consentement de madame Herbine. Quelque attachement que j’aie pour Victorine et pour toi, je n’irai point plaider contre une sœur, pour la forcer à vous marier; nos droits sont légalement égaux; mais au fond les siens sont plus justes : eUe a pris soin de l’éducation de Victorine, et doit avoir sur son établissement une influence plus directe.
SESANNE.
La grande objection de madame Herbine , c’est que je n’ai rien; elle ne veut pas entendre que j’ai les plus belles cspéranccsdu monde, et qui sont à la veille de se réaliser, peut-être.
DUIIFOUT.
Comment cela?
SESANNE.
Je viens à l'instant de recevoir un billet de l’avocat Courval; il me mande qu’il a une nouvelle très importante à me communiquer.