ACTE II, SCÈNE V
VALF,ST1.\.
(Qu’importe l’âge? vous vous portez â merveille.
.M A ne U EU I T K.
Mon Dieu oui, à cela près d’un peu d’asthme et de rliuinatismcs.
VALENTIN
On vit très bien avec tout cela, et ces maladies vous en évitent d’autres. Le point essentiel , quand on a passé la première jeunesse, c’est d’avoir une petite fortune.
M AIlGÜEniTE.
De ce côté, je suis bien tranquille; et grâces aux bontés de mon pauvre maitre, je suis beaucoup plus riche qu'il n'appartient à une personne de mon état.
VALENTIN
Eh bien! tant pis, mademoiselle Marguerite, tant pis. M AIICIIEBITE.
Comment cela?
VALENTIN
Tant pis, vous dis-je; délicat comme je le suis, un pareil aveu m’empêche de vous en faire un autre.
M AIlCUEnlTE.
De quoi s’agit-il donc, monsieur Valentin?
VALENTIN
De rien.
MAKCUEDITE.
Mais encore?....
VALENTIN
Non, c’est plus fort que moi.... A quoi peut se monter votre bien?
MABGUEIIITE.
Mais à deux mille écus de rente pour le moins.
i/AViDR nÉimiKit
VALENTIS, haut, à part.
C'est impossible , décidément.
MARGUERITE
Impossible! quoi?
VALENTIN
llien! (ù port , /laut.) Mon Dieu, mon Dieu, que ces deux mille écus me contrarient!
MARGUERITE
Je ne vous conçois pas.
VALENTIN
Si votre ame est aussi belle qne la mienne, vous allez m’entendre. Je m’étais dit à moi-même: madame ÎMar- (jnerite estime excellente femme; elle est un peu plus âgée que moi ; mais, à cela près, no.s goûts, nos bumeurs, se conviennent, et je sens que le mariage... Je ne savais pas alors.... Maudits deux mille écus!... voilà l’obstacle qui me ferme la bouclie.
MARGUERITE
Mais pas du tout, M. Valentin.
VALENTIN
Pardonnez-moi: dans mes principes, je ne puis hasarder une proposition à laquelle l’intérêt paraîtrait avoir quelque part, lorsque c’est l’amour seul qui l'aurait dictée; je suis comme ça.
Eh bien ! soyez donc heureux; je la reçois, votre proposition, sans crainte de blesser votre délicatesse
Vous m’aimez?
VALENTIN, avec chaleur.
Bappelez-vous mes tendres soins lorsque nous habitions cette maison.