ENCORE UN MOT SUR LA CENSURE
On so tromperait oepeiidant, si l’on s’imaginait qnc cette organisation barliaresque de la censure ait amené le dernier terme possible de notre dégradation littéraire; un temps plus mauvais est facile à prévoir.
Que serait-ce, si quelqBe jour des ceuscurs titulaires, satisfaits de toucber les émoluments de leur place, en abandonnaient les fonctions à des garçons littérateurs qui cbcrcbcraicnt à l’exploiter à leur profit?
Que serait-ce, si les manuscrits restaient des mois entiers entre les mains de ces forbans du Permesse?
Si les idées et les situations, le plan, le caractère, les détails et le fond même des ouvrages étaient pillés par ces écumeurs patentés, et si bientôt ou voyait reparaître ces lambeaux d’ouvrages saisis par la censure, comme ces flacons de liqueurs précieuses arrêtés à la douane, et qu’on est tout surpris de voir servir sur la taltle d’un comiuis de barrières?
Que serait-ce, si un journal, rédigé par les commis euxmêmes, se chargeait de dénaturer l’ouvrage pour couvrir ou pour justifier le larcin?
Que serait-ce, si les colonnes de ce journal offraient impudemment une analyse détaillée, des fragments de plusieurs pages, des tirades de quinze ou vingt vers, en un mot l’image défigurée, et pourtant reconnaissable d’un ouvrage confié à la censure et qu’elle aurait rejeté ?
Que serait-ce enfin, si les familiers de cette inquisition s’arrogeaient le droit, à l’insu de l’auteur, de litTer au pu-
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blic l'ouvrage ainsi souillé de leur critique pix-alable?
Les censeurs eux-niémes pourront jurer que cet état de choses est impossible; mais certainement ils ne le parieront pas !