ACTE lir, SCÈNE VI. 43i
sion n’ait pas été celle de l'avarice ou de la cruauté, le Fortuj'al aurait eu son Louis XI.
LF. ROI.
J’excuse un emportement dont je respecte la aiuse; mais qui vous autorise, Auréliano, à calomnier le sentiment que j'éprouve pour votre fille? Libres tous deu.x, si je l'aime, si j'en suis aimé, si je trouve en elle tout ce qui peut assurer le bonheur de ma vie, prétcndrait^n borner mon pouvoir et m’interdire l'espérance de l'élever un jour jusqu'à moi?
AunÉLi ANO.
Sire, cette espérance, qui pourrait compromettre les intérêts de votre gloire et ceux de la patrie, me trouverait plus inaccessible encore qu'une action dont j'aurais seul à rougir.
LE ROI
La noblesse de vos sentiments et la grandeur de votre ame ne fait qu’ajouter à cet amour que vous condamnez avec tant de rigueur.... mais vous l’emportez, Auréliano; je reconnais vos droits, je vous rends votre fille, et je me borne à vous prier de retarder de quelques jours votre départ et le sien.
AURÉLIANO.
C’est une seconde faveur que j'allais prier votre majesté de m’accorder, dans un moment où son trône et sa personne sont en péril.
LE ROI
Que voulez-vous dire?
AURÉLIANO.
Une conspiration s’ourdit contre vous.
LES INTRIGUES DE COUR
LE ItUI.
J’en avuis le soupeon.
AU n 1^: L I A N O.
J'en ai la eercitiide.
LE nüi.
On accuse le duc de Bragance, et on parle du duc de Vibéo.
AU n I-. L I A N O.
Un négociant du nom d’Escuros, est, il son insu, dépositaire des lettres du roi de Castille au clief des conjurés; sous trois jours ceux-ci doivent s’einjiarer de la citadelle deSaint-Juan, du port de Castro , et des deux forts, sur l'autre rive du Tage, où ils ont des intelligences.
LE KOI.
Rrave et fidèle Auréliano , quelle reconnaissance vous imposez ù votre roi! Dans cette crise terrible j’ai besoin de vos conseils et de votre bras; au milieu de cette populace de courtisans j’ai besoin d’un ami....
AURÉLIANO.
Sire, tant qu’il ne faudra vous donner que ma vie, disposez de moi; je ne vous quitte plus que lorsque vous in’en donnerez l’ordre.
LE ROI
(A un page. ) Qu’on prévienne Tbéoton et Freytas que je les attends dans mon cabinet, (à Auréliano.) Vous vous y rendrez, quand vous aurez salué ma sœur.
( Le roi sort. )