ACTE 111, SCENE XI. fl
honliL'ur qu’il s’ayit. J’ai reçu j)ar mes ambassadeurs de brillantes propositions de mariage ; je ne pouvais mieux choisir que le jour de votre fête pour vous les communiquer.
DIANE
Vous connaissez mes intentions, mon frère, et vous m’aviez promis de m’épargner de continuels refus.
Aussi ne vous parlerai-je pas d’une foule de petits princes qui mettent à vos pieds leurs couronnes ducales; mais comment vous laisser ignorer que deux puissants monar- <pies sont au nombre des prétendants: d’abord le roi (les Itoinains, ini'essammcnt empereur d’Allemagne.
DIANE
I.a pourpre impériale, offerte par Maximilien, est sans aucun attrait pour moi. Le mariage est un engagement, et l’on sait que ce prince n’en tient aucun.
LE noi.
\ la bonne heure; mais qu’avez-vous contre le jeune roi de Hongrie, dont je suis en ce moment l’inlerprcte.
DIANE
Mais.... je dirai que j’accepterais plus volontiers le vieux et brave lluniade Corvin; il est le défenseur des Hongrois; Ladislas n’en est que le roi.
LE noi.
C’est donc un parti pris, ma chère Diane? vous ne voulez pas vous marier?
DIANE
Tenez, mon frère, nous sommes seuls, et je puis vous dire à-peu-près toute ma pensée; vous ne me trahirez pas: je ne me marierai jamais auc par amour, ou parani-
LLS INTRIGUES DE COUR
Ho
bition : par amour, des princes étrangers , que je ne connais pas, ont bien peu de chances pour me plaire; par ambition, ce n’est pas le titre de reine, c’est l’autorité royale qu’il me faut. Les hoiiiincs i>rcsque par-tout ont abusé de la force pour nous exclure du trône où la nature et la raison nous appelaient... c’est là une de ces absurdités qui ont fait le tour du inonde. Les femmes sont nées pour la souveraineté; et je ne connais qu’une petite nation, dont me parlait il y a quelques jours l’amiral Erey tas , qui ait à cet égard des lois raisonnables : le sceptre y passe de femme en femme.
LE noi.
Malheureusement, ma chère, je ne vois pas comment je pourrais placer sur votre tête la couronne de Visapour.
DIANE
Ah! que cela ne vous tourmente pas, don Juan; la condition de votre sœur, de votre amie, de votre sujette, est encore, à tout prendre, celle que je préfère,
LF, ROI.
Je suis trop intéressé à vous voir persévérer dans cette résolution pour insister davantage ; mais songez que c’est une communication diplomatique que je vous fais, et qu’il me faut une réponse officielle. {Elle prend le papier que le roi lui remet. )