ACTE III, SCÈNE I
PH È VAL
Eh non! du temps qui court les pères sont avares,
Les maris immortels, et les veuves très rares.
A la moindre vacance, on voit des soupirants L’essaim aventurier se mettre sur les rangs ;
Oui, les choses en sont à ce point parvenues:
Les veuves à venir sont toutes retenues.
Mais laissons de l’hymen le calcul importun.
Parlons de tes amours : faut-il tromper quelqu’un. Endormir le tuteur, ou près de Félicie D’un message secret...?
AMÉDÉE
Non , je te remercie.
Ton zcle ne peut rien dans cette occasion.
Et je n'invoque ici que ta discrétion.
PRÉVAL
Tu peux donc y compter; mais, pour plus de mystère, II est bon que je sache au moins ce qu'il faut taire ; Pour les demi-secrets je ne vaux rien du tout.
AMÉDÉE
Orpheline, sans bien... je l’aime... tu sais tout.
P HÉ VAL
Tu la veux?
AMÉDÉE
A tout prix !
PRÉ VAL
Allons, coûte qui coûte!
Tu l’épouseras même au besoin....
Oui , sans doute.
L’HÉRITAGE