AMÉDÉE, PRÉVAL
PBÉVAL.
Je viens à ton secours; entre amants malheureux Il faut s'aider....
AMÉDÉE, avec un feint étonnement.
Comment!....
PRÉ VAL
Un peu de confiance.
Peut-on de tes secrets te faire confidence?
Cet objet adoré, dont ton cœur est épris,
74 L’IlÉniTAGE.
Et qui t’enlève aux vœux des beautés de Paris ,
C’est elle!... je t’en Fais mon eoinpliinent sincère. AMÉUÉE.
Elle !.. qui donc? •
l'RÉVAL.
Parbleu, monsieur riioniine au mystère Crovez-vous en niant vous tirer d’embarras?
Je l'aimerai, d'abord, si tu ne l'aimes pas;
J’ai d’autant plus beau jeu, tu le vois, que ma belle Autorise aujourd'hui mon hommage infidèle.
AMÉDÉE
Je prendrais mou parti moins aisément que toi.
PRÉ VAL
Je suis très amoureux; mais je suis juste, moi;
Les grands biens qu’Erncstine apporte eu mariage Ont, j’en dois convenir, leur part à mon hommage. I.’amour, quand il vient seul, n’est jamais exigeant; Présenté par l’hymen il a besoin d’argent;
Et si l’un n’en a pas, il en demande à l’autre :
Ilien de plus naturel; et ce cas est le nôtre.
Maintenant on m’oppose un rival redouté.
Dont le rang, les honneurs, flattent la vanité;
Tout brillant de cordons, de croix de toute espèce, Qui donne è sa future un titre de comtesse.
Et lui laisse à la cour l’espoir du tabouret;
Je suis jugé, mon cher, et j’attends mon aiTÔt.
AMÉÜÉE.
J’augure beaucoup mieux de tes propres affaires : D’ailleurs Paris est plein de riches douairières.
Qui, pour te consoler, t’offriront toiir-à-tour Leur fortune et leur cœur pour prix de ton amour.