‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Theatre. Tome 3Chapitre 60 sur 382 · ACTE III, .SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, .SCÈNE III

Moi je le laisse aller, ton siècle, et je m’en moque.

MAÜREVEHS.

Il TOUS le rend peut-être.

LE BAILLI

Allons, point d’équivoque!

Et vantez-nous aussi, monsieur le sonijecreu-T,

De ce siècle bourgeois les progrès lumineux.

De ce ton de penseur qui sied à la sagesse Dites-nous bien du mal, des grands, do la noblesse! Comme monsieur Giroux, parlez d’égalité:

De mon très cher neveu vous serez écouté;

Car dans ce garçon-là vous trouverez l’étoffe D’un fier indépendant et d’un grand philosophe.

M AÜREVEIl S.

Dans votre bouche on sait quel sens ont ces mots-là. Supposez avec moi qu’on entende par là Un cœur ferme, loyal, une ame noble et fière. L’accord d’un esprit juste et d’un beau caractère,

Les vertus d’un guerrier, celles d’un citoyen. L’homme qui cherche en lui sa force et son soutien; Avec ces qualités pensez-vous qu’on déroge?

LE BAILLI

Kon; mais d’un gentilhonnnc est-ce là tout l’éloge? îi’avons-nous pas un nom, un rang à soutenir.

Des aïeux à citer? et devons-nous souffrir Cet oubli de nos droits? cette folie insigne Qui chez un parvenu met sur la même ligne Le bailli de Montjoie et le marchand Giroux?

La France est, à vnii dire, un hôpital de fous :

Le fils d’un tonnelier, oubliant ses futailles.

Pour avoir, par hasard, gagné quelques batailles.

7« L'IlÉniTAGE.

Tram lie du général; un clerc de proi'iircur M’annonce {;ruvcinont (jii’il est iimbassndeiiri En entrant au conseil un avocat me froisse;

Et ma femme de charge est dame de paroisse.

Riais je ne sais ponnjuui je me lacLe, après tout;

<'ar la crise s’avance et nous touchons au bout :

La révolution contre laquelle on crie

N’est, vous en conviendrez, qu’une plaisanterie.

PRÉ VAL

Elle dure ong-temps.

LE BAILLI

Mais c’e.st qu'on le veut bien.

PRÉ VAL

De la faire finir savez-vous un moyen?

LE BAILLI

Oui ; mon opinion dès long-temps est formée.

Pour moi , la nation est une grande armée :

Elle manœuvre mal, réglez son mouvement;

Je ne veux, pour cela, qu’un seul commandement; Garde à vous; à vos rangs; peuple en arrière; marche PRÉ VAL.

On présente le flanc dans une contre-marche!

M AURKVERS.

Si l’on se refusait à l’exécution?

LE DAILLI.

Alors il faudniit bien casser la nation.

( à son neveu. )

Je n’y manquerais pas.... Mais avant que l’on vienne. Il faut sans plus tarder que je vous entretienne D’un objet important....

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