LE COMTE, LA BARONNE
, LA BARONNE
Dites que l’amitié ne fait pas de miracles;
J'ai su, dans un seul jour, lever tous les obstacles ; Employant avec art des moyens différents.
Je vous ai délivré de tous vos concurrents;
De son titre futur acceptant la promesse,
La petite permet qu’on la nomme comtesse ;
Le Préval se résigne avec un air moqueur;
Et le beau colonel avait donné son cœur;
Je viens de découvrir ( c’est un coup de partie) Qu'il était amoureux.
LF, COMTE.
De qui?
De Félicie.
LE COMTE
Vous croyez?
LA BARONNE
J’en suis sûre; et vous pouvez compter
L’HÉRITAGE
Que de la découverte ou saura profiter;
De .sa rivalité le neveu nous dégajje :
Sur la terre d’Anjou l’oncle a perdu son gage.
LE COMTE
Ce nouvel incident peut servir nos projets,
Et cependant je crains encor pour le succès;
La petite n’est pas tout-à-fait décidée;
Elle boude Préval, elle écoute Amédée;
Son père qui s'enferme au fond d’un cabinet,
A l’air de m’éviter...
LA BARONNE
Je sais ce qu’il y fait.
Faut-il plus clairement qu’avec vous je m’exprime? Tout suit un mouvement, et c’est moi qui l’imprime. Ernestine est à vous, et, dans l'occasion.
Elle attend de vus feux la déclaration.
L’amour-propre a tourné sa petite cervelle;
Préval est éconduit, et je vous réponds d’elle.
Mais ce n’était pas tout: l’incertain Solivard Voulait vous proposer quelques jours de retard ,
Et j’ai fort bien senti qu’il était nécessaire De brusquer avec lui cette importante affaire; Lui-même m’en avait inditjué le moyen ,
Lorsqu’il m’avait appris la source de son bien ;
Il reçoit, par mes soins, une lettre autlientique.
Où l’on dit qu’un agent, envoyé d’Amérique,
Vient réclamer des droits à la succession.
Dont le futur beau-père est en possession.
Je n’attendais pas tant de ma petite ruse;
Notre homme s’inquiète, et, si je ne m’abuse.
Vous le verrez bientôt plus disposé que vous
TBÉATIIR. r. III. 7
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A presser un liynieii que nous désirons tous;
Pour iiiieux tirer parti de cette circonstance,
Il fallait lui donner un air de vraisemblance;
A cet agent discret trouver du moins un nom,
Et monsieur Maurevers m’a proposé Itiston,
Un homme à lui...