LA BARONNE, ERNESTINE, FÉLICIE
F É L 1 C I E , à Emestine.
Je ne vous entends pas du tout, uiademoiselle.
Il làut plus clairement s’expliquer avec elle:
On a beaucoup blâmé votre conduite au bal.
FÉLICIE
Ma conduite! madame; ehl qu'ai-je fait de mal?
LA BAItONNË.
Vous avez oublié, puisqu'il faut qu'on le dise,
A quel titre en ces lieux on vous avait admise.
Qui vous aurait jujjée à ce ton protecteur,
A l'affectation de vos airs de grandeur.
Aurait pu s’y méprendre, et sans impolitesse,
Croire que du logis vous étiez la maîtresse.
FÉLICIE, à /a baronne.
J'ai vu d’une autre erreur des gens préoccupés,
Qui, même auprès de vous, ne sont pas détrompés. EIINESTISE.
De vos petits succès vous pensez bien , ma chère , Que la baronne et moi ne nous informons guère; Qu'il m'importe fort peu qu'on offre à vos appas
lai , L’HÉRITAGE. •
L'hommage rebuté des cœurs qu’on ne veut pas :
Vous pouvez, de vos yeux vantant le charme extrême, ^ Essayer leur pouvoir sur le comte lui-niéme;
Je vous permets d'agir en toute liberté :
Je ne m’offense pas de la rivalité;
Je ne m’oppose à rien.
FÉLICIE
Et moi, mademoiselle.
Je ne repousse pas une injure cruelle;
Elle ne peut m’atteindre , et j’en connais l'auteur.
LA BAIIUNME.
Vous entendrez peut-être avec moins de hauteur Un reproche plus grave, et que je dois vous faire Dans l’intérêt de celle à qui je sers de mère :
Épris de vo.s attraits, portant par-tout ses vœux.
Qu’un jeune colonel de vous soit amoureux;
C’est dans l’ordre; à cela je ne vois rien à dire;
Mais ce que la décence aurait dû vous prescrire.
C’est de moins afficher un semhlahle penchant.
Et d’éloigner de nous un tableau si touchant.
EÉLICIE.
Madame...
LA U A n O N X E.
Pour revoir un objet trop aimable.
Vous auriez pu choisir un temps plus convenable;
Et de ces rendez-vous, donnés dans sa maison.
Monsieur de Sonovard s’offense avec raison.
F É L I C I E , à la baronne.
Un langage pareil a droit de me confondre.
Madame; je ne sais qu'un moyeu d’y répondre;
Je sors, en promettant de ne plus m’exposer