CHAPITRE IX
Examen de cette vétUé.
U K homme établit quelques lois nouvelles dans un empire , ou en qualité de magistrat commis par le peuple pour corriger l'ancienne législation^ ou en qualité de vainqueur y c'est4-dire | à titre de conquêtes. Telles ont été les diverses positions où se sont trouvés, Solôn d'une part^ Alexandre ou Tamerlan ^e Fautre.
Dans la première de ces positions , le magistrat ^ comme s'en plaignait Solon , est forcé de se conformer aux mœurs et aux goûts de ceux qui remploient. Ils ne lui demandent point une excellente législation ; elle serait trop discordante avec leurs mœurs : ils dé'* sirent simplement la correction de quelques abus introduits dans le gouvernement actuel. Le magistrat, en conséquence^ ne peut donner d'essor à son génie : il n'embrasse point un grand plan, et ne propose point l'établîssemeni d'un gouvern^tment parfait.
Dans la seconde de ces positions, que se propose d'abord le conquérant ? d'affermir son autorité sur de$ nations appauvries ^ dévastées par la guerre, et encore
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irritées, de ileur, défaite,. §'illeur ipipQse xjuel^ques^unçs des lois de saa p^ya^^ç'^t fn adaptant une partie ^v« leur^.J^euiui.imporjtQQt II9S malheurs rçsultans d'un mélange de lob souvent contradictoires entre elles.
. Ce Q'est point au j^qinjentide la conquête que.Iç vaiQquçur conçoit le.vaste^ p.rpie|; d'une. parfaite légi^r: latîon. pQfisesseur . çBcore ;ince.ria,ip djMVjç. , .xjouçqnwç nouvelle, Tuoique chose qu'il ^^ige alqrs dp ses npUf: yeaux âU}et^., C*e3t leur, soumissiç^n; B&c-<ce.dij^p^ax.d|e la victoire ei: du frpne du despotisine qu'il, peut leur doonçr.des lois uliles? Eoiivré de ses succéç, qu^r
porte.au conquécantla/élî^ito 4^. ses «scl$ye^ 7; , .! . Quant au* i9agîstrat chargé par une r^p^jj^jj^p^ 4^
la réforme de ses lois, il a commuaéQieilt,trQp.d'ij)te-^ rêta divei;s ^ Àiénaiger , trpp d'opinionsndifféreute^ à conçiber^ Qour pouvmfj eqicçog^nr^^.nea faii^dbq grand et. 4^ simple, C'i^t :uni§ueme]|t:Bii fon^cl^çur d'une colonie^ qai.Gt^?pniande«a dea.i^bo^if^ifj^^^çp^^ sans préjugés et sans habitudes^ qu^il appartient de résoudre le proUèu>exr«ii6Qxcelien te législation^ Sien, dans <îette portion, tt^ari*éte la marche èé son pétrie, ne S^Oppôse à rélablîsseoieht des lois . lés plus sjages'; leur perfection n'a d'autres bornes que les bornes mémo de son esprit. '
Mais, quant à l'objet qu'elles se proposent, pourquoi les loi» monastiques sontelles les moins imparfaites? c'est que le fondateur d'un ordre religieux est dans la position du fondateur d'une colonie. Ignace, en traçant dans le silence et la retraite le plan de su règle, n'a point encore à oaénager les goûts et les opinions de ses sujets futurs. Sa règle faite, son Ordre approuvé , il est entouré de novices d'autant plus soumis à cette règle, qu'ils l'ont volontairemenl embrassée, et qu'ils ont , par conséquent , approuvé les moyens par lesquels ils sont contraints à l'observer. Faut'-il
donc s'étonner si, dans leur genre, de telles législations sont pliïs parfaites qtle celle d'ancnne nation ? De toutes les études, celfe des diverses cotTstitutiom monastiques est peut-être iine des plus cnrièirses et des plus instructives pour des magistrats, dés philosophes, et généralement pour tous lès hx>mmes d'état. Ce sont desexpériehcesen petit, qui, révélant les causes secrètes de la félicité , de la grandeur et delà puissance des diffl^ëns* Ordres relîgifetrr/ pfouTCfnt', comme je me suis proposé de le montrer , que ce n'est ni dé la religion , ni de ce qu'on appelle la ndorale^ à peu près la même chez tous lés peuplés et tous les moines , mais -de la législation seule, que déplendènt lès vices, les vertiis, la puissance et là félicité des liàtiôns.
' -Les lois sdnt IMme des empires. Jùsqtif'où l'excellence de la législation péut^Ue porter lé! bonheur des citoyens (i)? Il fiiUt, pour résoudre cette question, savoir d'abord en quoi consiste le bonbiêur de l'individu.
(i) Entre les difiërens Ordres religieux^ ceux dont lé gimveroement ap{>rocbe, le plus de la forme républicaiDO sont en général ceux
dont les moeurs sont les meilleures et la morale la moins erronée.
Tels sont les doctrinaires et les ors^toriens.
SECTION VIIL
I>E CE qn CONSTITCX LK BOXHEUA DES INDIVIDUS; DK I.A BASE sua LAQUELLE OX DOIT EDIFIEE LA FEUCITS NATIONALE, irÉCESSAIREXEXT COMPOSES DE TOUTES LES FELICITES PARTICULIERES.