‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 184 sur 203 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Jdée générale sur V éducation physique*

JL'oBJET de cette espèce d éducation est de rendre rhomnieplus fort, plus robuste , plus sainv par conséquent plus heureux ^ plus généralement utile à sa patrie^ cest-à^ire, plus propre aux divers emplois auxquels peut l'appeler l'intérêt national.

Convaincus de l'importance de l'éducation physique, les Grecs honoraient la gymnas.tique (i); elle faisait jpartie de l'instruction de leur jeiinesse. Ils l'employaient dans leur médecine non-seulement comme un remède préservatif, ma^s encore comme un spécifique pour fortifier tel qu tel membre afii^bli par une maJUdie pu un accident.

Si l'éducation physique est négligée chez presque tous les peuples européens, ce n'est pas que les gouvernemens s'opposent directement à la perfection de cette partie de l'éducation; mais ces exercices, passés de mode, n'y sont plus ei^couragéss

Point de loi qui , dans les collèges, défende la construction d'une arèiie , où les élèves d'un certain âge pourraient s'exercer à la lutte, à la course, au saut; apprendraient à voltiger, nager, jeter le cest«, soulever des poids, etc. Or, dans cçtte arène 9 construite à l'imi*

(i) Sî les exercices vîolens fortîBent non-seulement le corps , maïs encore le tempérament , c'est peut-être qu'ils retardent dans Fhonlme le besoin trop prématuré de certains plaisirs. Ce ne sont point les reproches d'une mère ni les sermons d'un curé , mais là fatigue , qui seule attiédit ks désirs fougueux de l'adolescence Plus un jeune homme transpire et dépense d'esprits animaux dans des exercices de corps et d'esprit , moins son imagination s'échauffle , moins il sent k besoin d'aimer.

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tation de celle des Grecs , qu'on décerne des prix aux Taiiiqueurs, nul doute que ces prix ne rallument bientôt dans la jeunesse le goût naturel qa elle a pour de tels jeux. Mais peut-on à la fois exercer le corps et Fesprit des jeunes gens? pourquoi non. Qu'on supprime dans les collèges ces congés pendant lesquels l'eniânt ya chez ses parens s'ennuyer ou se distraire de ses études, et qu'on allonge ses récréations journalières, cet enfant pourra chaque jour consacrer sept ou huit heures à des études sérieuses, quatre ou cinq à des exercices plus ou moins violens : il pourra à la fois fortifier son corps et son esprit.

Le plan d'une telle éducation n'est pas un chefd'œuvre d'invention. Il ne s'agit, pour l'exécuter, que de réveiller sur cet objet l'attention des parens. Une bonne loi produirait cet effet. C'en est assez sur la partie physique de l'éducation. Je passe à la morale : c'est sans contredit la moins connue.

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