‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 185 sur 203 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Dans quel moment et quelle position t homme est sus" ceptible d'une éducation morale.

Ën qualité d'animal, l'homme éprouve des besoins physiques: Ces divers besoins sont autant de génies tu- ' télaires créés par la nature pour conserver son corps, pour éclairer son esprit. C'est du chaud , du froid , de la soif, de la faim, qu'il apprend à courber l'arc , à décocher la flèche, a tendre le filet, à se couvrir de peaux , à^ construire des huttes, etc. Tant que les individus épars dans les forêts continuent de les habiter; il n'est point pour eux d'éducation morale. Les vertus de l'homme policé sont l'amour de la justice et de 1^

pAtiie : ceHes de rhomm^ sauvage sont la foroe et Tadresse ; ses besoins sont ses seuls instituteurs ; ce sôïit les seuls conservateurs de Tespèce, et cette conservation semble être le seul vo^ de la nature.

Lorsque les bommes, multipHësy sont réunis en société , lorsque la disette des vivres les force de cultiver la terre, ils font entre eux des conventions, et Tétude dé ces conventions donne naissance à la science de réducation. Son objet est d'inspirer aux hommes Tamour des lois et des vertus sociales. Plus Téducaiion est parfaite , plus les peuples sont beuraux* Sur quoi j'observerai que les progrès de cette science, comme ceux de la législation , sont toujours proportionnés siùx progrés de la raison humaine perfectionnée par rexpérience ; expérience*qui suppose toujours la réunion des hommes en société. Alors on peut les considérer sous deux aspects : i ^. comme citoyens ; 2\ comme citoyens de telle ou telle profession. En ces deux qualités, ils reçoivent deux sortes d'instruction. La plus perfectionnée est la dernière. J'aurai peu de chose à dire à ce sujet , et c'est la raison pour laqu^le j'en ferai le premier objet de mon examen.

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